Fangu…u troppu stroppia !

Me voilà de retour de congés. Bien loin de la vallée du Fangu. Et ce depuis des années. Je fuis le Filosorma l’été pour privilégier la fin du printemps en taquinant la truite et le début novembre, pour traquer les champignons. La nouvelle du blocage m’est parvenue à Kilimandjaro Airport où j’ai accédé à Internet. Small world !
Pour ceux qui ne l’auraient pas vue, j’insère la vidéo, ci-dessous dans ce billet.

Il va être surpris, vu que nous arrivons assez souvent à nous engueuler sur des sujets politiques (par pur plaisir en fait et afin de ne pas en perdre l’habitude) mais, je suis sur cette affaire tout à fait d’accord avec l’intervention de mon cher cousin. Et impressionné par la qualité de son discours. Le métier !
La rivière du Fangu, je crois pouvoir dire que j’en connais les coins et les recoins par cœur. En tous cas, toute la partie qui va du Mansu aux Force. Depuis que je sais nager, et ça date, j’y ai passé 6 heures par jour (au moins) et trois mois par an à faire les 400 coups.
Les souvenirs sont précis. Un fleuve propre, fréquenté par les villageois et quelques touristes bien informés ou égarés car à l’époque, le Filosorma était loin de figurer dans les guides comme le haut lieu « ..des piscines naturelles à la fraîcheur bienvenue… » Un trou d’eau, un pozzu, par famille..quand ce n’était pas la rivière pour nous tous seuls en début juillet et après le 15 août.
A partir de là, j’ai deux ou trois petites choses à dire.
Qu’on s’entende bien tout d’abord. Il n’est pas question d’interdire aux vacanciers d’accéder à l’endroit. Il s’agit simplement de réguler l’affluence et de mettre en place les infrastructures adaptées à l’accueil. Sans rentrer dans les détails, il apparaîtra évident à chacun qu’une telle présence humaine sans toilettes par exemple, pose un vrai problème sanitaire. Surtout, lorsqu’on constate, et là les touristes n’y sont pour rien, que l’étiage n’a jamais été aussi bas. Pêcher dans le Fangu au mois de juin, est un bon indicateur. Il est aisé de traverser à gué à certains endroits où, avant, le niveau était trop et le courant trop fort pour risquer l’aventure. J’imagine sans peine ce que ce doit être en août avec une eau basse et une vraie surpopulation. U fiume quant’a mè aspetta e prime fiumare per rinfiatassi..le fleuve d’après moi, attend les premières crues pour reprendre son souffle.
Ce qui précède, c’est ce que Gérard a dit et bien dit dans son intervention.
Les causes exogènes..surfréquentation touristique et sécheresse due au changement climatique.
Maintenant, et au risque de me faire quelques amis, je voudrais dire deux mots du respect que nous, qui avons la chance d’être issus, d’un endroit aussi merveilleux, devons à cette vallée.
Le respect qui passe par exemple par l’abandon des constructions anarchiques. Le respect qui passe et c’est bon pour la santé, par la marche à pied pour descendre au fleuve. Le vieux chemin creux, u chjassu, a été détruit pour permettre la mise en place d’une station d’épuration dont on ne sait trop si elle marche. Mais, les textiles et les bambous incongrus s’y épanouissent. Et la piste, réservée à l’origine, aux riverains est devenue une piste d’évolution pour engins motorisés et un parking.
Il paraît que les touristes bloqués au carrefour ont bien compris la démarche des manifestants. J’espère que les paesani comprendront aussi ce que je veux dire.
 

PS.. le blog que vous parcourez, fait partie d’un site dédié à l’apprentissage de la langue corse. Si vous voulez le découvrir, cliquez sur l’image ci-dessous…

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