Capicursura in Filosorma : Chiumi

Un petit mot d’explication sur le titre. Il existe en Filosorma un autre mot que « auturnu » pour désigner l’automne. C’est donc « capicursura ». Où l’on voit que dans cette micro-région, il y a un vocabulaire particulier dont il faudra bien un jour que je prenne le temps de faire le recensement.
Mais ce sera pour plus tard.
Aujourd’hui, il s’agit d’évoquer mon récent séjour automnal à Bardiana et les petites randonnées possibles compte tenu du fait que la nuit tombe plus vite. De bonnes chaussures, un grand beau temps et un panier pour les champignons..les ingrédients indispensables qui étaient réunis cette années.
Pour commencer, la montée vers l’église de Chiumi avec un merci à la Belette Agile, mon épouse et photographe attitré.

Cette promenade d’environ 8 kilomètres et 400 mètres de dénivelé vaut pour la visite à l’église ruinée et le point de vue sur le golfe de Galeria, la grande barrière et la vallée du Filosorma.
L’église donc…Santu Pietru di Chiumi, pieve de Chiumi, diocèse de Sagone..elle date de la fin du 10e siècle, ses blocs rouges contrastent avec le vert des oliviers sauvages et des arbousiers. C’est un témoignage du premier âge roman.

Je vais citer le site « Corse romane » http://corse-romane.eu/spip.php?page=sommaire

La chapelle ruinée de San Pietro di Chiumi se dresse, entourée d’arbustes qui la masquent, sur une crête dominant le golfe de Galeria à 420 m d’altitude .
Témoin du premier art roman entre la seconde moitié du 10e et début 11e, elle est très homogène et ne semble pas avoir été modifiée au cours des temps.  Elle présente une nef unique (13,90 m x 4,90 m) terminée par une abside semi-circulaire avec une voûte en cul de four qui s’est effondrée mais on aperçoit encore l’amorce de l’arrondi. Les murs latéraux, construits de blocs moyens de granit rouge appareillé avec soin, sont conservés sur une bonne hauteur avec les fenêtres percées dans la partie supérieure : deux pour le mur sud (archivoltes en tuffeau léger échancrées), une seule subsiste pour le mur nord (surmontée d’un petit arc composé de tout petits claveaux).
Elle devait être soignée à en juger par certains détails. L’abside était rythmée d’arcatures en tuffeau blanc-gris reposant sur des modillons décorés, comme le fait supposer un bloc replacé lors de la campagne de consolidation en 1974. Des gravures rythment l’archivolte de la fenêtre de l’abside. Les autres archivoltes devaient aussi être décorés (blocs retrouvés dans le hameau de Chiumi).
Deux portes donnent accès à l’intérieur : l’une pratiquée dans la façade ouest et une autre, très étroite, percée dans le mur nord. Quelques pierres de l’autel occupent le chœur surélevé de quelques marches tandis que le long du mur nord se dessine une banquette. Près de l’angle sud-ouest se trouvait la piscine baptismale circulaire constituée de pierres taillées en courbe. Ce type de cuve baptismale sera utilisé durant tout le 11e siècle.
Tardivement, le chœur a été modifié : le nombre de marches réduit à trois et aménagement d’une clôture de choeur. L’église s’élève actuellement en pleine nature. Elle devait appartenir à la piévanie de Chiumi qui est mentionnée dans un texte du début du 16e siècle ; elle a été détruite par les invasions barbaresques de ce même siècle.
Signalons qu’à mi-pente entre le Fango et la chapelle, on a découvert un rocher portant une quarantaine de signes.

Pour accéder à l’église, il faut se garer au pont génois, franchir le pont et monter par la piste..pas passionnant comme parcours mais petit à petit, le paysage se dévoile. Deux options, poursuivre la piste vers le relais jusqu’à la barrière. Prendre le chemin du haut (celui du bas conduit vers les maisons) et après le premier tournant, virer à droite dans un chemin (pierreux et parfois sale) qui mène aux ruines qu’on aperçoit très vite sur la crête en face Pour le retour, à partir de la prairie où se trouve l’église, il suffit de suivre la piste vers le sud, franchir le petit col (épave de charrue) et suivre la piste qui rejoint l’itinéraire du début. Ce parcours permet une petite boucle.
La seconde option qui évite le chemin du haut consiste à emprunter la piste qui conduit aux deux réservoirs bien visibles et la suivre jusqu’au bout. C’est l’itinéraire de retour signalé plus haut.
En gros, une bonne heure de montée…
Campatevi !
 

PS.. le blog que vous parcourez, fait partie d’un site dédié à l’apprentissage de la langue corse. Si vous voulez le découvrir, cliquez sur l’image ci-dessous…

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