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A Foce…

Pour parler du delta du Fangu, j’ai pensé aux corsophones en enregistrant le texte en corse (je me suis fait plaisir!). Donc, du français écrit et du corse parlé…

Ce billet est le dernier de la petite série consacrée à nos ballades de juin.  C’est une promenade un peu spéciale car elle est aquatique. Ce doit être la cinquième ou sixième fois que nous la faisons avec toujours le même plaisir. Il s’agit de naviguer pendant une petite heure dans l’embouchure du Fangu en louant un kayak.

Cette balade est très particulière pour moi. En créant ce blog, je n’avais pas d’autre ambition que de parler du Filosorma. En relisant les billets que j’ai écrits, je me rends compte que sans le faire exprès, j’ai jeté comme un pont entre les souvenirs de mon enfance et aujourd’hui, entre ceux qui ne sont plus et ceux qui peuvent encore découvrir ces lieux de promenade.

A Foce, comme le Tafunatu par exemple, est de ce point de vue un endroit extraordinaire. Lorsque nous étions gamins, l’embouchure du Fangu nous était présentée comme un lieu mystérieux, dangereux même à cause (nous disait-on) des sables mouvants. C’était le refuge des plus gros sangliers et des poissons énormes bien protégés des chasseurs et des pêcheurs par un maquis épais. Il n’était pas question d’y entrer et depuis la route, je regardais cette forêt en bord de plage comme j’aurais pu observer un petit bout d’Amazonie. J’ai noté que le jeune homme qui nous avait loué le kayak, ne savait pas que cet endroit où il passe une bonne partie de son temps se nommait a Foce.

Je vous propose (le lien est ici) de télécharger le document de l’IGN qui décrit la promenade mais raconte aussi l’histoire du lieu.

foce

Un petit conseil toutefois. Comme souvent dans le Filosorma, il faut éviter cette activité au plus fort de la saison estivale. Trop de monde, trop de lumière et trop de bruit. Non, il faut y aller en juin ou en septembre quand la nature reprend son souffle. Le matin ou lorsque le jour décline. C’est le paradis des cistudes. Une petite parenthèse à ce propos. En Corse, la plupart du temps, vous entendrez dire « a cuparella » alors que chez nous, c’est de « tistughjine » dont on parle. Le latin et son « testudines » est tout proche !  Et puis, faites moi plaisir, si vous n’en voyez qu’une ou deux, et même aucune, ne vous plaignez pas. La nature n’a pas d’obligation de résultat.

Le simple fait de ramer tout doucement dans les bras du Fangu, tout près de la plage de a riniccia avec la grande barrière en arrière plan, est un instant magique.  Les nymphéas à eux seuls, méritent le voyage. Si j’ai bien compris, ils n’étaient pas là à l’origine. Un bateau  aurait ramené volontairement ou non, les rhizomes. Un accident de parcours plutôt positif. On ne peut en dire autant à propos des écrevisses de Louisiane dont je découvre en lisant les textes du Conservatoire du Littoral, qu’elles auraient colonisé les lieux.

Il y a les tortues, quelques oiseaux, des nénuphars et puis le bruit de l’eau qui glisse le long du kayak. Une heure de sérénité. Comme toujours, les photos de la Belette Agile (son blog est ici) vous donneront une idée de la beauté de a Foce.

Le plus beau dans tout ça, c’est a Foce, on ne fait que l’effleurer. Le kayak ne pénètre pas au plus profond de la mangrove. Ainsi, le mystère qui entourait ce lieu, demeure presque intact. Il  y a peut être bien des sangliers géants et des truites énormes juste un peu plus loin.. Ça me plaît d’y croire.
PS.. le blog que vous parcourez, fait partie d’un site dédié à l’apprentissage de la langue corse. Si vous voulez le découvrir, cliquez sur l’image ci-dessous…