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L’automne et ses champignons….

Je vous propose un texte que j’ai déjà publié, il y a quelques saisons, sur le blog. Je l’enrichis d’un fichier son parce que ça fait plaisir à pas mal de visiteurs et je l’enrichis aussi d’une partie dédiée aux champignons et à leur nom en Corse. Démarche mercantile car c’est un des motifs principaux (le principal en ce moment!) des visites. Autant faire plaisir à la chalandise..non ? Les photos sont de Madame, dont le blog est ici.

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J’aime bien l’automne en Corse. On dirait qu’après les brûlantes chaleurs et l’invasion estivale, la terre retrouve le repos et son souffle. Mon village est plein d’une petite musique qui reprend le dessus. Celle de la fontaine sur la place et celle du ruisseau qui après les premières pluies coule de nouveau. De temps à autres, un coup de fusil, le bruit des tronçonneuses dans le maquis, le bois qu’on range près de la maison et les premières flambées qui crépitent. La fraîcheur descend le soir des montagnes et même si les journées sont encore splendides, on sent bien que la saison a tourné. Il faut avoir l’esprit peu ouvert pour regretter l’été et sa violence. Couleurs brutales, canicule, bruit de la foule. Les gens délicats, ceux qui aiment profiter des petits instants miraculeux que nous offre la nature préféreront l’automne comme on préfère une femme belle et discrète à une autre plus brillante mais à l’élégance tapageuse.
Tu te lèves le matin, il y a de la buée sur la fenêtre et tu bois ton café debout en regardant le jardin et les montagnes plus loin, où un léger brouillard résiste. Le soleil sera bientôt vainqueur. Il sera alors temps de mettre les chaussures, une veste pour les premiers instants de la promenade et enfin sortir.
La pinède va t’offrir les safranés, ailleurs si tu as de la chance ce seront des cèpes et des girolles et si tu t’éloignes vers les anciens jardins, ce sont les rosés des pré qui tout blancs dans l’herbe vertes te feront comme des clin d’œil. Il y a une grande tranquillité et en même temps une espèce de tristesse car tu vois bien que toute cette beauté est vide d’humanité. Les murs moussus tombent et les châtaigniers sont abandonnés. Les châtaignes….elles roulent, elles piquent et se laissent cueillir comme des bijoux marrons qui luisent dans un écrin entrouvert. Tu en ronges une à la pointe du couteau et tu ramasses les autres, un panier plein. Ce soir, elles rôtiront sur la braise. Quelques pigeons volent, ce sont des petraghjoli, les ramiers ne sont pas encore arrivés. Il paraît que dans le temps, ils étaient si nombreux qu’ils formaient des nuages, masquant la lumière du jour. Les coups de fusil de tout à l’heure te paraissent moins amusants tout à coup. D’en haut, de la crête, tu vois le village et quelques rares fumées qui montent droit dans le ciel. Des silhouettes qui se hâtent vers le camion du boulanger. Un peu de pain, un bout de charcuterie, près de la source glacée et tu redescendras vers les maisons, les joues rouges et l’âme en paix. L’automne est une saison heureuse pour qui sait voir, entendre et sentir.

Et donc, les champignons les plus répandus en Filosorma et ceux en tout cas, dont je connais le nom en corse. Liste non exhaustive que vous pourrez modifier et compléter à loisir.

Lactaire sanguin, lactaire délicieux : lattosu, lattaghjolu

Cèpe, bolet : sprignolu, capigiallu, capi giallu

Chanterelle, girolle : ghjallisturzu, gallisturzu

Rosé des prés : parachinu (?) pratarellu, pratarolu

Coulemelle ; cappisgiula, cappusgiulu, cappusgiula

Russule : urcu catellu

Coprin : cuprinu, coprinu

Amanites vénéneuses : buletru falzu, boletru falzu

Oronge, amanite des Césars : buletru, boletru, coccu, cuccu, cocca, cocchi

Bolet orangé : albarinu

Bolet tête de nègre : capineru, murellu, murellulu

Boule de neige : leccapecura, leccapecura capinegra

Bolet de Corse : muchjitanu, mucchitanu

Bolet de Satan : mulu, tigniverde

Pied de mouton : pecurinu, picurinu

Bolet jaune : pinnachjolu, pennachjolu, pinnacchiolu

Vesce : vescia
PS.. le blog que vous parcourez, fait partie d’un site dédié à l’apprentissage de la langue corse. Si vous voulez le découvrir, cliquez sur l’image ci-dessous…

Funghi!!

Il me semble avoir déjà écrit ici même, tout le bien que je pensais de l’automne. De façon générale. Aujourd’hui, j’aimerais entrer davantage dans le détail du plaisir que procure une virée villageoise en ce début de novembre.

C’est tout d’abord la traversée. Le bateau est le même qu’en été mais plus fantomatique. Moins de monde et plus de brume en longeant le cap au petit matin. Avec de la chance, nous en avons eu cette année, il fait un grand soleil sur Bardiana et toutes les activités sont possibles à une ou deux réserves près. Fraîcheur de l’eau…et journées bien raccourcies. Et oui, c’est ce qui arrive quand un village est construit à l’umbria..l’ubac.

Odeurs, lumière douce, arbouses et champignons. Même les vaches ont l’air serein.

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C’est de ça dont il s’agit avec un clin d’oeil à Maria Anghjula et Stevanu fin connaisseurs de funghi avec qui nous arpentons le maquis et les vieux jardins pour essayer, parfois nous y arrivons, d’agrémenter l’ordinaire.

Merci une fois de plus à la Belette Agile qui a fait un safari photo qui me sert de support. Et comme il s’agit aussi et surtout de langue corse, nous allons en profiter pour réviser les noms de nos trouvailles.

Le Filosorma étant une région de chênes, de châtaigniers et de pins, il y a une variété tout à fait intéressante de taxons étant observé que par l’effet de la malice de la nature, la proportion des mauvais excède de beaucoup celle des bons.Tiens, commençons le périple par une amanite tue-mouches aussi belle que toxique. Elle était nichée près du fleuve quelque part près de la Furnace. Pas de nom corse pour celle-ci.

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ni pour celle là dont on pourrait retenir le nom latin « pantherina ».Par contre, la coulemelle, c’est a cappisgiula. Elle aussi comme les deux autres traînait du coté de Candela. Observez que je vous donne les lieux où vous pourrez trouver les mauvais champignons. Vous souffrirez que je garde secrets ceux où abondent les girolles.

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Tiens une lingua..la fistuline hépatique qui si mes souvenirs sont bons, a donné un joli liant à la sauce. Et a coté, des vesses, a vescia en langue corse qui ne présente, quant à elle, aucun intérêt culinaire.

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Et puis, dans des endroits que vous n’avez pas besoin de connaître.. on rencontre ce genre d’oeuf..u buletru ou encore u cuccu. L’amanite des Césars, l’oronge. Coupée en tranches, crue et servi en salade avec de fines tranches de joue grillées et des amandes. Gratuite la recette..

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En définitive, j’imagine qu’une question vous taraude. Les girolles, les lactaires délicieux qui font l’intérêt de la recherche, est ce que nous en avons trouvé? La réponse est sur la table et dans la poële.

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Voila. Un bon mètre carré voire plus de belli sturzi, de sanguins et au milieu des cèpes.

Jaloux? J’en suis ravi. C’était le but.

PS.. le blog que vous parcourez, fait partie d’un site dédié à l’apprentissage de la langue corse. Si vous voulez le découvrir, cliquez sur l’image ci-dessous…