Archives par étiquette : pêche dans le Fangu

Pêche en septembre mais aussi…

Pour parler de cette sortie de pêche en septembre, j’ai pensé aux corsophones en enregistrant le texte en corse (je me suis fait plaisir!). Donc, du français écrit et du corse parlé…


De temps à autres, nous sortons pour une pause. M. (pas de nom) collègue, ami, professeur de pêche et facteur de mouches et moi. Il mâche et je fume. C’est souvent là que naissent les grandes idées. Puisque la pêche allait fermer le 20 septembre, pourquoi ne pas passer deux ou trois jours dans le Filosorma ? Un coup de bateau, quelques kilomètres en voiture. Rien de bien compliqué. Décision arrêtée, négociations conclues avec les épouses, il nous restait deux ou trois semaines avant le départ. Deux ou trois semaines pendant lesquelles M. a fabriqué des mouches et où moi je n’ai rien fait de particulier.

Départ un lundi matin pour un retour le mercredi soir. Grand beau temps à l’aller, installés dans des chaises longues sur le solarium du ferry. Une halte à Calvi pour acheter de quoi faire les sandwichs du midi. Le soir bien entendu, diner à la Muvrella, cochon sauvage, assiette du berger, myrte. Du classique et du bon.  L’essentiel n’était pas là.

L’essentiel c’était la pêche. Lundi en fin de journée, coup du soir de Mansu à San Quilicu. Mardi matin au lever du jour, de Tuarelli à Mansu. Mardi soir, remontée vers Candela..Mercredi matin, de Candela à la Cavicchia. Pour être honnête, M. est un vrai pêcheur confirmé et il envoie sa soie naturelle à 20 mètres et plus alors que je suis heureux quand je réussis à poser ma mouche à quinze mètres. Et pourtant, glorieuse incertitude du sport, la surprise a eu lieu. Désolé d’écrire ça, car je sais qu’il me lit. J’ai pris une truite de plus que lui.

Pour être plus clair, je dois dire aussi que j’en ai pris qu’une (au confluent entre le ruisseau de Montestremu et le Fangu) et lui zéro.  Quelques touches, mais des poissons nerveux avec des attaques soudaines impossibles à voir venir. Alors, un mauvais séjour ? Non. Surement pas !

fanguPas de poissons mais une eau tiède et claire. Il faut avoir vu mon compagnon envoyer ses vêtements sur les rochers du coté de la Treccia et se prendre un bain d’anthologie en regardant tout autour de lui, la forêt toute proche et les montagnes plus loin. Puis une baignade aux Force, vous savez, dans la cascade où l’eau de Bocca Bianca est plus chaude en dessous du grand rocher. Juste avant le pique-nique, pain trempé à l’huile d’olive,  oignon, jambon et fromage corse. L’Eden paraît-il. Ce n’est pas moi qui le dit mais lui.

Emmener avec soi quelqu’un qui ne connaît pas le Filosorma est une excellente idée. On ouvre les yeux sur des choses qu’on croit connaître par cœur et qu’on découvre à nouveau. Il regardait les montagnes et le cirque de la solitude qu’il avait traversé deux ans plus tôt et moi, je me rendais compte qu’il n’y avait plus de neige à un endroit où je l’avais toujours vue même au plus fort de l’été. Je lui faisais découvrir le Tafonatu et là aussi, aucun névé. Nous avons traversé la rivière sans problème en sautant de pierre en pierre à des endroits où d’habitude, on ne passe pas. Et ces baignades en septembre dans une eau à 22 degrés ! Un plaisir étrange. Moi qui suis frileux, je suis rentré dans l’eau sans effort. Même en été j’avais du mal.

Pas de truites ou alors très méfiantes. Comme disent les pêcheurs, elles étaient calées au fond. Peu d’eau et une eau chaude. Comme le maquis, les poissons attendaient la pluie.

Ce n’est pas la première fois que je le dis. Mais, il y a longtemps que je n’étais pas allé à Bardiana en toute fin d’été. Et avec des yeux neufs comme je le disais plus haut. La rivière souffre à un point que je n’imaginais pas. Le niveau est bas. Il ne pleut pas. On avait tort de parler de neiges éternelles.  Le Fangu est une rivière sauvage. Il est classé comme tel. Mais, son destin est celui d’un oued qui ne court que lorsqu’il pleut.

Nous retournerons sans doute pêcher l’an prochain, si ces dames nous donnent la permission. Et ce sera tout aussi agréable. Et sans doute encore un petit peu plus triste.

PS.. le blog que vous parcourez, fait partie d’un site dédié à l’apprentissage de la langue corse. Si vous voulez le découvrir, cliquez sur l’image ci-dessous…