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Capu Tafunatu.


Le Tafonato, la montagne trouée, est selon moi le plus beau sommet de Corse. Haute d’un peu plus de 2300 mètres, avec un sommet en arête et comme son nom l’indique, un trou ou plutôt une arche. 35 mètres de large pour 10 mètres de haut tout de même. Et discrète avec ça ! Comme elle n’est séparée de l’imposante Paglia Orba que par le col des Maures, on peut penser qu’il ne s’agit que d’une seule montagne. Et vu de loin, le trou est souvent confondu avec une plaque de neige et nombreux sont les touristes qui ne remarquent pas cette curiosité géologique.

Le trou est bien visible depuis Bardiana. Et quand j’étais gamin, c’était un sujet de conversation pour ne pas dire de fantasme. Il y avait ceux, les fanfarons, qui prétendaient y avoir été. Moi, je suis rentré dans le trou !! Ils inventaient des passages avec des échelles, des précipices effrayants et même si on ne les croyait pas, on les écoutait avec intérêt car toutes ces histoires nourrissaient la légende. Car bien entendu, légende il y avait. Et comme toujours, le diable était de la partie.

Donc, il était une fois…au temps où saint Martin gardait les troupeaux dans le Niolu il reçut la visite d’un étranger qui lui demanda s’il pouvait travailler pour lui. L’homme était un vagabond. Le saint qui était bon, bien entendu, l’avait pris comme employé mais dès la première nuit, dans la bergerie, il s’était aperçu que son domestique endormi, sentait le soufre.

Le lendemain matin, Martin dit au berger qu’il savait qui il était et qu’il ne pouvait travailler avec le diable. Celui-ci, s’était mis dans une terrible colère et avait décidé de rester dans le coin pour lui faire concurrence.

Le diable déguisé une fois de plus avait été trouver les chefs des villages du Niolu pour leur proposer de construire un pont sur le Golu, pont qui faisait défaut. Il demandait en échange une âme à choisir dans le canton. Un niolain, méfiant, avait décidé de demander conseil à Saint Martin… Quelques heures plus tard, lorsque le diable revint, les villageois donnèrent leur accord mais le pont devait être complètement achevé en une nuit, c’est-à-dire, avant que ne chante le coq. Toutes les forces de l’enfer se mirent au travail et pendant toute la nuit, on entendit près du Golo un vacarme épouvantable.  Le pont était presque achevé.  Une seule pierre restait à poser. La clé de voûte du pont.

Alors un homme qui était resté caché toute la nuit dans le maquis en surveillant les travaux, sortit de dessous son manteau un coq. Le coq se mit à chanter. Le pont n’était pas fini et le coq avait chanté. Le diable fou furieux d’avoir été berné poussa un cri affreux et de rage et lança son marteau dans les airs. Le marteau alla frapper la montagne pour y faire le trou pour retomber ensuite dans le golfe de Galeria.

J’ai attendu bien des années mais j’ai fini par aller dans le trou du diable. Pas très difficile à trouver. Du col de Vergiu, il faut suivre le GR par la vallée de Tula jusqu’au refuge de Ciottuli, remonter vers le col des Maures et rejoindre le trou par la vire bien visible. Pas difficile à trouver mais attention, le passage est très dangereux. Une erreur et c’est la chute mortelle assurée. C’est déjà arrivé. Donc, ne vous lancez dans l’aventure que si vous avez le pied sûr, très sûr et ne souffrez pas du vertige.

Un trou creusé par le diable… il faut y aller avec précaution !

PS.. le blog que vous parcourez, fait partie d’un site dédié à l’apprentissage de la langue corse. Si vous voulez le découvrir, cliquez sur l’image ci-dessous…