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Bergeries de Saltare..

Deuxième sortie du mois de juin 2016. Après le col de Melza, histoire de dérouiller un peu les muscles, nous passons à une randonnée plus sérieuse. De 800 à 900 mètres de dénivelé suivant le point de départ choisi.

Le but de cette marche est la bergerie de Saltare, étonnant abri que les bergers ont façonné sous un bloc de rhyolite ignimbritique (Une ignimbrite est une roche formée de débris de lave acide issus d’une nuée ardente et soudés avant leur refroidissement, mélangés à une matrice vitreuse..merci qui ? Merci Wiki!),

Elle a été utilisée jusqu’à une période récente par des bergers du Mansu ou de Montestremu et est toujours fréquentée comme bivouac pour ceux qui montent vers le Mont Saltare ou la Ucella, au pied du col des Maures, point à partir duquel il est possible de faire la traversée vers l’Andatone (confer à ce propos Corse sauvage le blog est ici),

C’est un aller retour qui ne présente pas de difficultés majeures à condition d’être attentif sur certains points où il est possible de perdre le chemin, naguère bien entretenu,

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Une alternative au départ.. soit à partir de la piste qui démarre avant Montestremu,,,, soit en suivant le fleuve dès Bardiana, toujours sur la rive droite.

C’est cette dernière option que je conseille.

En partant de Montestremu, il faut franchir à l’aller et au retour le petit col ce qui rajoute une bonne centaine de mètres. L’avantage c’est qu’on ne peut se perdre puisqu’il s’agit de suivre presque jusqu’au bout la piste qui rejoint le captage de la Cavichja,

En partant de Bardiana, il faut passer en dessous du snack « a muvrella » et au retour y boire une bière (!), emprunter la passerelle et avant d’arriver au fleuve, tourner à droite pour trouver le chemin qui longe le Fangu (toujours rive droite!). Vous rejoindrez, au bout de ¾ d’heure environ la piste forestière du captage, évoquée plus avant,

A partir de là, les itinéraires sont identiques. Ils remontent la vallée de la Cavichja,

Il ne faut pas aller jusqu’au captage.. après un radier, surveillez la piste et avant un regard en béton, descendez vers la rivière que vous traversez à gué pour retrouver le chemin en face.

Si vous arrivez au captage..tant pis..traversez et montez tout droit (raide!) sur une cinquantaine de mètres pour retrouver le chemin qui suit une courbe de niveau jusqu’au traghjettu di u zoppu, le gué du boiteux. Traversez.. Vous étiez rive gauche, vous repassez rive droite.

La montée en lacets va jusqu’à un petit col à partir duquel vous avez une vue imprenable sur i cascitonni..le cirque de la solitude pour les non corsophones.

Redescendez vers le ruisseau et vigilance car le chemin n’est pas aisé à trouver. Il faut traverser le ruisseau et monter tout droit. Un passage un peu délicat va se présenter à vous car deux pins obstruent le chemin entre deux blocs de rocher. Continuez à monter à vue…un premier gros rocher, puis un second vont se découvrir dans la pinède. C’est la bergerie.

Dans le temps, sous un bloc, près de Saltare, il y avait une source et le tuyau pour amener l’eau courante au bivouac. Je ne garantis plus cet élément de grand luxe.

Bon, compter trois heures pour monter et deux heures pour descendre… au minimum. Trois heures trente à la montée est un pronostic plus raisonnable.

Retour par le même chemin et merci à Madame pour ses photos (son blog est ici).

PS : attention au temps ! Il tourne vite et il nous a fallu redescendre plus tôt que prévu sous la pluie alors qu’à Bardiana, c’était grand soleil.

PS.. le blog que vous parcourez, fait partie d’un site dédié à l’apprentissage de la langue corse. Si vous voulez le découvrir, cliquez sur l’image ci-dessous…

U Fangu cumu un l’avia mai vistu!!

Le Fangu comme je ne l’avais jamais vu !

Depuis que j’ai su nager, le Fangu a été mon terrain de jeu. Sans me vanter, je crois pouvoir dire que de Candela au Mansu, aucun pozzu ne m’est étranger. Plongeon, apnée, pêche… toutes les activités possibles dans cette rivière, je les ai pratiquées.

Et voilà que je découvre au hasard des partages de Facebook (comme la langue d’Esope, la pire ou la meilleure des choses), les photos de Corse Images sous-marines (ne pas manquer de visiter leur site..une merveille) !

Le Fangu..

Ils ont accepté que j’utilise leurs photos pour un petit article de blog où je n’ai rien à dire…juste à vous laisser admirer la rivière de mon enfance, ce joyau, vu du fond. Et en prime, une énigme. De quels pozzi peut-il bien s’agir ? Pozzu longu, pozzu di a verga, ponte di Tuarelli… je cherche encore. Mais c’est sans importance parce que c’est beau.

Une équipe de trois plongeurs passionnés d’aventures, de plongées insolites et d’images sous marines si je m’en tiens à leur présentation. Moi, je rajouterai que ce sont des poètes.

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Capicursura in Filosorma: la boucle des Tassi!

Il me semble connaître plutôt bien les « ..sentiers de mon pays… » mais je n’avais pas encore eu l’occasion de faire en son entier, la longue balade que j’appellerai « boucle des Tassi ». Pourquoi ce nom ? Parce que c’est une boucle qui passe par i Tassi et voilà ! Remarque en passant, je suis un peu ennuyé car « u tassu » en langue corse, c’est le blaireau ou l’if. Or, je ne vois pas d’if en cet endroit et les blaireaux que j’y croise de temps à autre, ne sont point des quadrupèdes.. Bref, le mystère demeure.

C’est une bien grande erreur que de ne pas avoir fait cette boucle car c’est une balade splendide et parfaite, une fois encore, pour une belle journée de novembre. Une quinzaine de kilomètres tout de même avec 500 mètres de dénivelé concentrés sur l’aller puisque le retour se fait par la route forestière, à la descente..

Point de départ proposé..parking du pont de Montestremu…suivre la route qui monte pour arriver au hameau…obliquer à gauche après le gîte (balisage) et suivre ensuite le chemin, magnifique, qui reste sur l’adret. Le suivre jusqu’à ce qu’il retrouve la route forestière et là redescendre vers la droite. La fontaine di i Tassi est tout près. Et rentrer par la route en n’oubliant pas de surveiller le déplacement des safranés nombreux en ces parages. Une remarque toutefois. S’il a plu, ne vous hasardez pas à traverser le ruisseau de la Scalella. Avec beaucoup d’eau, le gué ne doit pas être très sûr.

Comme toujours, les photos sont celles de « a bellula lestra » (son site qui mérite lui aussi une visite) et elle parlent d’elle même,

 

Mais, bien qu’elles parlent d’elles-même, je vais en tant qu’inénarrable bavard, y adjoindre quelques commentaires.

Première chose à ne pas rater, c’est le vieux Montestremu, exemple remarquable et préservé de ce qu’étaient les anciens villages. Hélas, la majeure partie des maisons tombent victimes du temps qui passe mais aussi et surtout de l’indivision qui demeure. Un petit clin d’œil à Antoine qui a retapé la sienne et nous a offert le café dans son nid d’aigle ! Ô Anto, portati bè..Internet un l’ai ma forse qualchi sia ti parlara di quest’articulettu.

Ensuite, les quelques ruines que vous trouverez sont celles du couvent de Sainte Marie. Le lieu a été démaquisé et on distingue fort bien le four qui devait servir aux moines. Pour ceux que ce sujet intéresse, j’ai écrit il y a quelques mois déjà, un article sur le couvent, article accessible en cliquant ici

Le retour se fait, je l’ai déjà dit par la route forestière.. faites le en flânant et sans bruit en ayant un œil sur le fossé et le maquis alentour. La photo des champignons (quelques oronges s’il vous plait!) montre l’intérêt qu’il y a à rentrer en philosophe et le fait d’être silencieux vous procurera, peut être, la chance de voir un mouflon descendu des crêtes.

Ce que vous verrez sans nul doute, et de plutôt près, c’est le Tafunatu en majesté. Et rien que pour ça, vale u colpu !!
 

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Macrostigma

Ce n’est certes pas la saison. Mais et sans doute parce que pour diverses raisons, je n’ai pu aller en Filosorma ce printemps pour taquiner la truite, j’ai eu envie de vous parler de pêche. Un argument pour évoquer en fait la jeunesse, les amis et la nature. Un peu la macrostigma aussi car c’est elle la vedette.
Il était une fois.. il y a une belle paire de décennies en tous cas, un tout jeune gamin qui passait ses vacances dans une maison du bas du village. Case suttane donc. Un jour, à l’occasion d’une visite dans une maison du haut du village, case suprane, il a rencontré un autre garçon, un peu plus âgé qui est devenu et resté son ami. Comme ils étaient vraiment jeunes, leur terrain de jeu était tout d’abord circonscrit au jardin. Puis, en vieillissant, ils se sont emparés des ruisseaux avant de déboucher sur les rivières.. celle de Montestremu d’abord, calme sous les arbres puis le Fangu, plus agité et bien plus profond.

Une année, le plus âgé des deux a commencé à pêcher. Et il a emmené le plus jeune avec lui. Le terrain de jeu était plus vaste et les expéditions tout à fait sportives. Bocca Bianca, Cavichja au-dessus et au dessous du gué, Scalella et l’Onca entre autres. Qu’on ne s’y trompe pas ! Aller pêcher à l’Onca signifiait un départ la veille en fin d’après-midi pour passer Caprunale et rejoindre Puscaghja et y passer la nuit pour être dans les ruisseaux dès le lever du soleil. Et retour au village après une journée d’une dizaine d’heures où après avoir sauté de rocher en rocher, il fallait se refaire l’interminable route jusqu’à Bardiana. Quant à la partie basse de la Cavichja, c’était une nuit dans une espèce de grotte au-dessus di u traghjettu, di u zoppu, le gué du boiteux, avant d’attaquer la descente le lendemain matin. Et quelle descente ! ! Torrent escarpé, passage dans le maquis avec embrouillamini de fil garanti, saut dans les pozzi glacés parce que parfois ce n’était pas possible autrement . Et tout ça, en tous cas pour ce qui me concerne, conclu par de retentissantes bredouilles. Ce tronçon de rivière ne m’a jamais aimé.
Et attention, le duvet et le camping-gaz étaient des concepts à l’époque. La nuit se passait dans une couverture roulée et les repas étaient à base de pain, de saucisson et d’une espèce de noix de jambon dont je revois encore la boite plus ou moins ovale, dégoulinante de gelée. Mon Dieu, que c’était bon !
Et puis, il y avait le moment magique. Accord entre les deux pêcheurs pour ne pas commencer à lancer avant que l’autre soit prêt. Et puis, la rivière en toute fin de nuit, encore grise. Et nous, sur un rocher. La première touche, le premier poisson.
Une chose est sure et certaine. Nous avons toujours été conscients à ces moments précis de vivre des petits joyaux de vie éphémères. Une harmonie.
Alors, des truites, nous en avons pris. Parfois beaucoup et quelques unes fort belles. Et nous continuons à pêcher même si nous avons un peu forci.

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Mais le plaisir est le même. La rivière a changé par contre, moins d’eau, des chemins fermés. L’ami à qui je dédie ce billet prenait le double de truites et moi, j’attrapais souvent la plus belle. Il y a une justice dans ces ruisseaux.

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Ah, j’allais oublier de vous dire deux mots sur la macrostigma. Le plus simple est d’en appeler à Wikipedia.
« .. La truite corse, communément appelée macrostigma d’après Salmo trutta macrostigma se rencontre en Corse où elle peuple les cours d’eau de l’île depuis plus de 150 000 ans. Pour qualifier la truite sauvage Corse, elle fut d’abord appelée « Duméril » (1858), puis Spillman (1961) et enfin « Macrostigma ». Ce sont les récentes séries d’analyses génétiques réalisées en Corse qui ont clairement identifié la truite endémique Corse aux autres souches identifiées (Atlantique et méditerranéenne). Au cours de ces études il a été constaté que la robe phénotype de la macrostigma varie fortement en fonction des bassins versants où elle se trouve, sans doute à cause d’un isolement géographique des populations dans les bassins fermés, développant ainsi chacune une robe différente en fonction de son environnement. C’est pourquoi seule l’analyse génétique permet de les identifier avec certitude des autres espèces de truites introduites dans l’île… »
Belle et identitaire. Et menacée aussi. Car, s’il m’arrive encore de prendre quelques truites, ce sont des arc-en-ciel ou des farios communes. De la macrostigma, plus du tout. Pour son plus grand malheur, la belle s’est réfugiée très en amont du Fangu, où certes elle échappe aux filets mais pas aux effets de la sécheresse que nous constatons année après année.

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C’est ici que l’on voit que comme souvent nos petites histoires rejoignent la grande.

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Ricordu di Natale..

Mes Noëls d’enfant n’étaient pas villageois. Ils se passaient à Toulon. Pour autant, Bardiana était toujours présent dans nos conversations. Ma mère et ma tante nous racontaient les veillées d’antan et leur talent était tel que nous imaginions sans peine les gens, les lieux et l’ambiance qui devait régner autour du fucone, le foyer. Bon, un réveillon autour du radiateur n’a pas la même aura mais l’essentiel y était. La famille, l’affection et les récits.

En prenant un peu d’âge, n’exagérons rien…je veux dire par là que j’étais adolescent, mon attention a été attirée par la transmission des prières liées à l’ochju, l’œil. J’ai déjà écrit à ce sujet mais, en retrouvant une vidéo de l’INA dont j’insère un extrait à la toute fin de ce billet de blog, les souvenirs ont afflué, l’émotion aussi et j’ai eu envie d’en parler de nouveau. Lisez moi et prenez le temps ensuite de regarder ce film d’une trentaine de minutes accessible en son entier sur le site de L’INA. Vous comprendrez pourquoi en 1978, à sa première vision, j’ai compris qu’il fallait se méfier des caméras ! !

L’ochju, donc. Le mauvais œil en français. Personne ne sait vraiment ce qu’est cette affection mais tout un chacun en connaît les symptômes. Migraine, nausées, lassitude extrême sans qu’une quelconque pathologie puisse expliquer le mal. Tout le monde sait aussi d’où il vient. C’est le résultat d’une influence mauvaise portée par l’œil d’une personne qui vous regarde et pense à vous avec malveillance. Une admiration trop forte ou l’envie que vous suscitez peut avoir des effets identiques.

Il existe divers remèdes pour se débarrasser de ce mal. Plus ou moins élaborés et le plus souvent à base de sel et d’huile. Mais, et c’était le cas pour ma Maman, il est aussi possible d’ôter l’œil par des incantations, des prières en fait, murmurées pendant qu’on trace des signes de croix sur le visage. Une prière bien dite, c’est essentiel, soulage de façon immédiate et celui qui l’a prononcée, prend le mal sur lui. Ce transfert se matérialise par des séries de bâillements plus ou moins longues en fonction de la gravité du sort.

Bien entendu, j’ai souhaité étudier ces prières. Ma mère a accepté volontiers de me les transmettre mais elle m’a précisé que je ne pourrai les apprendre à personne. Seules les femmes peuvent pratiquer et instruire. Les hommes disent  les prières mais ils ne les enseignent pas. Nous en revenons ici à la nuit de Noël. L’apprentissage se fait une fois par an et au cours de cette nuit-là. Il est évident que nous nous trouvons ici, et c’est fascinant, au carrefour des mythes que la religion chrétienne a intégrés dans une approche syncrétique (culte de Mithra et cérémonies du solstice d’hiver par exemple). Trop long à développer et ce n’est pas l’ambition de ce blog. Dernière chose que j’ai apprise au cours de ces Noëls là, les prières sont sacrées. Elles sont murmurées et elles n’ont pas à être connues de tous. Ca ne porte pas bonheur à celui qui les galvaude.

Voilà pourquoi, j’ai eu de la peine pour ces deux vieilles dames que j’ai vues en 1978 (je m’en souviens parfaitement !) prononcer ces prières sans mesurer le pouvoir de la camera. Sinon, à la grande surprise de mes relations qui me savent athée, je pratique encore et ça marche !
(NDLR: pour en savoir plus sur l’ochju, cet article bien documenté en cliquant ici.
Natale…pensaraghju a quelli ch’un so piu. E per elli, l’antica preghera « ..Eiu vi pregu animi santi, eiu vi pregu a tutti quanti, site stati cume noi, si venera cume voi altri, chi Diu vi dia pace e riposu, in u santu Paradisu..E cusi sia…

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Funghi!!

Il me semble avoir déjà écrit ici même, tout le bien que je pensais de l’automne. De façon générale. Aujourd’hui, j’aimerais entrer davantage dans le détail du plaisir que procure une virée villageoise en ce début de novembre.

C’est tout d’abord la traversée. Le bateau est le même qu’en été mais plus fantomatique. Moins de monde et plus de brume en longeant le cap au petit matin. Avec de la chance, nous en avons eu cette année, il fait un grand soleil sur Bardiana et toutes les activités sont possibles à une ou deux réserves près. Fraîcheur de l’eau…et journées bien raccourcies. Et oui, c’est ce qui arrive quand un village est construit à l’umbria..l’ubac.

Odeurs, lumière douce, arbouses et champignons. Même les vaches ont l’air serein.

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C’est de ça dont il s’agit avec un clin d’oeil à Maria Anghjula et Stevanu fin connaisseurs de funghi avec qui nous arpentons le maquis et les vieux jardins pour essayer, parfois nous y arrivons, d’agrémenter l’ordinaire.

Merci une fois de plus à la Belette Agile qui a fait un safari photo qui me sert de support. Et comme il s’agit aussi et surtout de langue corse, nous allons en profiter pour réviser les noms de nos trouvailles.

Le Filosorma étant une région de chênes, de châtaigniers et de pins, il y a une variété tout à fait intéressante de taxons étant observé que par l’effet de la malice de la nature, la proportion des mauvais excède de beaucoup celle des bons.Tiens, commençons le périple par une amanite tue-mouches aussi belle que toxique. Elle était nichée près du fleuve quelque part près de la Furnace. Pas de nom corse pour celle-ci.

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ni pour celle là dont on pourrait retenir le nom latin « pantherina ».Par contre, la coulemelle, c’est a cappisgiula. Elle aussi comme les deux autres traînait du coté de Candela. Observez que je vous donne les lieux où vous pourrez trouver les mauvais champignons. Vous souffrirez que je garde secrets ceux où abondent les girolles.

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Tiens une lingua..la fistuline hépatique qui si mes souvenirs sont bons, a donné un joli liant à la sauce. Et a coté, des vesses, a vescia en langue corse qui ne présente, quant à elle, aucun intérêt culinaire.

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Et puis, dans des endroits que vous n’avez pas besoin de connaître.. on rencontre ce genre d’oeuf..u buletru ou encore u cuccu. L’amanite des Césars, l’oronge. Coupée en tranches, crue et servi en salade avec de fines tranches de joue grillées et des amandes. Gratuite la recette..

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En définitive, j’imagine qu’une question vous taraude. Les girolles, les lactaires délicieux qui font l’intérêt de la recherche, est ce que nous en avons trouvé? La réponse est sur la table et dans la poële.

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Voila. Un bon mètre carré voire plus de belli sturzi, de sanguins et au milieu des cèpes.

Jaloux? J’en suis ravi. C’était le but.

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Fà mottu..ou bonjour..à vous de voir

Il y a bien longtemps, j’ai été le stagiaire  très intéressé d’une formation dédié à la gestion du conflit en particulier et à la communication en général. Le conférencier avait alors insisté sur l’importance du premier contact et sur le « bonjour » qui, assorti d’un large sourire, était la garantie d’un échange harmonieux au moins au début. Ce même conférencier fut quelque peu surpris lorsque j’entrepris de lui expliquer que par chez moi, on se passait fort bien de ce « bonjour » dont il était l’ardent prosélyte

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Mettons tout de suite les choses au point. Si vous dites « bonghjornu » ou encore « salute » en entrant dans le bistrot du village, vous n’aurez commis aucune faute de goût et à tout prendre, c’est bien mieux que de ne rien dire du tout et passer pour un mufle. « Bonghjornu » correspond bien au salut du matin et n’est en rien hérétique. « Salute » me dérange davantage car ce mot signifie santé.. Si vous tenez à saluer la confrérie, utilisez la prononciation adéquate  à savoir «  salutu ». On ne vous voudra pas de toutes façons. Une fois de plus, c’est mieux que rien.

Non, ce dont je veux vous entretenir aujourd’hui, c’est de la manière « nustrale » (de par chez nous, si vous préférez) de saluer un voisin, un villageois ou un parfait inconnu avec qui on veut se montrer courtois.  Ci vole da fà mottu.. il faut faire un signe. Mottu, que voilà un mot intéressant. Il est tout plein de sens. L’excellent site ADECEC les livre tous.. « .. salut, salutation; mot, bon mot, façons, manières, mamours; signe, mouvement.. ». Fà mottu, c’est faire un signe qui est un témoignage de civilité à l’endroit d’une personne qu’il convient de saluer.

Un signe ! Et pas une parole. En pratique, ça donne quoi ? Vous croisez de bon matin, un quelconque voisin qui s’en rentre du jardin. Un petit signe de la tête accompagné d’un « euh » sonore et accentué. Il vous répond de la même manière par un autre « euh » voire un « eh » modulé. Et chacun poursuit sa route en ayant témoigné, confer ci-dessus, d’une courtoisie exquise. Avete fattu mottu e a rispostu.. vous avez fait un signe et il y a été répondu.

La politesse a été de mise dans cet échange ce qui est l’essentiel mais cela va encore plus loin. Car ledit échange bref mais courtois laisse en définitive, toute latitude d’engager la conversation à celui à qui le « euh » est adressé. Et oui..Vous dites « euh » au voisin.. il répond « eh » et il poursuit sa route. Parfait, un salut mutuel et comme il n’avait ni le temps, ni l’envie de discourir, il s’en est allé. Maintenant, imaginons que votre interlocuteur ait un peu de temps devant lui. Vous lui dites « euh », il vous répond « eh » mais il rajoute un petit quelque chose du style « cumu va ? » (comment ça va ?) ou «  a chi simu ? » (qu’est ce qu’on devient » ou un peu ce qu’il veut. Et là, on discute. Pratique non ? Et plutôt respectueux.

C’est pour ça, que  dans nos villages où il peut y avoir de temps à autres (si peu…si peu…) quelques fâcheries, bouderies et autres chicanes, vous n’entendrez pas quelqu’un se plaindre de la grossièreté d’un tiers en disant «  un m’a mancu dettu bonghjornu » (il ne m’a même pas dit bonjour ) mais plutôt « un m’a mancu fattu mottu » (il ne m’a même pas fait un signe).

Bon, à vrai dire, vous entendrez les deux car les traditions se perdent. Alors, comme souvent sur ces billets où il est question de prononciation, d’expression et de langage…fate cum’ella vi pare. Faites comme bon vous semble mais avant tout soyez poli !

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Muntagnera! Enfin, un bout…

Et si nous parlions randonnée ? J’ai pas mal marché par chez moi et il me semble que je peux vous donner envie d’en faire autant. Et puisqu’il s’agit aussi de promouvoir la langue corse, nous allons examiner ma première proposition en musique. Grâce soit rendue à Word Press, mon éditeur de blog qui dans sa dernière version, autorise l’insertion de contenu. Donc, cliquez sur l’image You Tube pour avoir le groupe A Filetta en fond musical et plus particulièrement, la chanson « a muntagnera » qui relate le parcours de transhumance entre la plaine d’hivernage du Filosorma et les hautes vallées d’estive du Niolu. Le parcours que je vous propose correspond  aux quatre premiers couplets de cette chanson écrite par mon cousin Marcellu Acquaviva di L’Acquale, dans son recueil de poésies ‘l’Acqualugia ». Ch’ellu riposi in pace.


1er couplet….

Ch’ellu si n’hè scorsu maghju
Sarà più d’una simana ;
Approntati, o capraghju !
À lascià piaghja è calmana
Ch’ai da fà l’altu viaghju
Dopu ghjuntu in Barghjiana

Depuis que Mars s’est enfui,
Cela fera plus d’une semaine,
Prépare toi ô chevrier
A laisser la plaine et sa chaleur
Car tu devras faire un haut voyage
Lorsque tu seras arrivé à Bardiana

église

La randonnée que je vous propose est basée sur une partie de l’antique chemin qui ramenait donc les troupeaux des vallées du Filosorma où ils passaient l’hiver, au Niolu, où ils allaient rester durant l’été. Comme le dit ce premier couplet, l’aventure commence à Bardiana. Et plus précisément près de l’église où démarre la route forestière. A ce stade, plusieurs options. La première consiste à tout faire à pied et suivre cette piste carrossable sur environ sept kilomètres  avant d’arriver au pied du col, où tout le monde de toutes façons, devra marcher. La deuxième, si vous avez un véhicule assez haut sur patte, c’est de vous garer au pont des Rocce ce qui vous fera gagner quelques kilomètres et enfin si vous avez un quatre à quatre, vous pouvez aller au bout de la piste. Arrivé à la fontaine di i Tassi, vous ne pourrez pas aller plus loin qu’une passerelle et reviendrez vous garer 100 mètres plus haut sur un espace herbeux, sous un énorme rocher. Mais, tout faire en marchant, présente un double avantage. On se chauffe les muscles avant la grimpette et on profite d’une vue splendide sur les contreforts du Tafunatu.

2ème couplet….
Avvedeci, o Falasorma !
Cù i parenti è l’amichi
Sempre liati à Niolu
Per e gioie è i castichi :
Da Montestremu à u mare
Avemu listessi antichi.

Au revoir, ô Filosorma
Avec les parents et les amis,
Toujours liés au Niolu
Par les joies et les peines,
De Montestremu à la mer,
Nous avons les mêmes aïeux

En remontant la piste forestière, sur les premiers kilomètres en tout cas, vous verrez sur le versant d’en face, le village neuf de Montestremu  puis le vieux. Les maisons sont en ruine pour la plupart mais elles sont un exemple remarquable d’architecture corse et d’intégration idéale au lieu. Sans peine, puisque les pierres qui ont servi à construire les maisons sont celles des rochers alentour. Puis vous traverserez la plus grande yeuseraie d’Europe avant d’arriver à la passerelle des Tassi dont je parlais plus haut. Ce point marque la fin de la partie carrossable de la piste.

3ème couplet…
Sbuccarè in Caprunale
Guardendu da altu à bassu
Supranendune à O’mita
È a funtana di u Tassu
Basgiati a croce nova
Chì a vechja ùn s’hè più Trova.

Tu déboucheras à Caprunale
Regardant de haut en bas,
Surplombant Omita
La fontaine du Tassu (les ifs ?)
Embrasse la croix neuve
Car la vieille, on ne l’a plus trouvée (elle s’est perdue)

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Ah la licence poétique..en un seul couplet, vous arrivez à Caprunale. Pas si évident. Longue montée en lacets qu’il faut absolument éviter au soleil. C’est là qu’on peut admirer le travail des terrassiers même si les éboulements détruisent peu à peu la route. Omita, c’est le nom de la forêt qu’on traverse en bas de la pente et celui aussi d’une maison forestière en ruines qu’on distingue sous les frondaisons. Et la fontaine, est celle dont je parle depuis un instant, celle où vous avez laissé votre voiture. Cette histoire de croix mérite une explication. Du temps de la transhumance, une vieille croix était scellée dans un rocher au passage du col. Une écuelle était là pour recueillir les piécettes laissées par les bergers et randonneurs. De temps en temps, quelqu’un descendait la collecte à l’église. La vieille croix a disparu. Il y en a désormais une autre.

4ème couplet
Eccu a Mirindatoghja,
Ti riposa di a cullata
Ma fà casu à a capra
Ch’ella ùn si sia sbandata
Se tù voli esse in Pùscaghja
Tranquillu pè a nuttata.

Te voilà à l’endroit pour manger,
Qui et repose de la montée,
Mais fait attention à la chèvre,
Qu’elle ne soit pas débandée
Si tu veux être à Puscaghja
Tranquille pour la nuitée.

Arrivé au col de Caprunale, un nouveau choix s’offre à vous après avoir cassé la croûte. Redescendre vers la vallée ou continuer sur Puscaghja, c’est à dire basculer sur l’autre versant. Repartir d’où on vient est tout à fait honorable. Vous aurez fait quelques heures de marche ( au moins 6 en aller-retour) surtout si vous avez tout parcouru à pied. Descendre à Puscaghja est plus excitant. Une grosse demi-heure de descente et au travers d’un environnement quelque peu sinistre (arbres foudroyés!!), vous arriverez dans la vallée de L’Onca. Un refuge vous y attend. Lors de ma dernière visite, il était tenu par le délicieux Dumè Flori. A ce jour, je ne sais plus ce qu’il en est. L’idéal, c’est de dormir à Puscaghja, comme le propose la chanson. C’est que je faisais étant jeune en pêchant dans la rivière qui loin de tout, était fort peu braconnée. Mais on peut, je l’ai fait plusieurs fois, boucler le tout dans la journée. L’aller retour, en marchant de façon honorable pedibus cum jambis tout du long, vous fera entre 8 et 10 heures de marche, car une fois descendu à Puscaghja, il faudra bien remonter au col de Caprunale. Moins si vous avez laissé la voiture à un endroit ou un autre. Et puis vous pouvez aussi continuer la route vers Guagnerola.. mais ceci est une autre histoire et d’autres couplets !

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Bardiana ou Barghjana…intricciata ou pas?

Un petit billet qui présentera l’intérêt, du moins à mes yeux, d’avoir un coté transverse. Ah, pardon, je ne suis pas au bureau. Par transverse, je souhaitais juste signaler qu’il touche aux trois sujets dont traite mon blog. La langue corse, la région du Filosorma et son histoire.
L’idée de départ c’est d’en finir avec cette manie d’écrire le nom de mon village avec une triphtongue.. Barghjana. Alors, une fois pour toutes, c’est Bardiana et je le prouve. Enfin, j’essaie.
L’histoire tout d’abord. Je crois avoir déjà écrit, que ce village a été fondé par notre aïeul. Mais je ne suis pas certain d’avoir donné tous les détails de l’affaire. Et si je l’ai fait sans m’en souvenir, tant pis. Ca donnera raison à ceux qui pensent que je radote autant à l’oral qu’à l’écrit.
Or donc, il y a bien longtemps, dans la seconde moitié du 19ème siècle, ledit aïeul était berger et occupait à cette fin, une grotte dans la vallée de Bocca Bianca.

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Un soir, il a vu arriver deux bandits. Des malandrins, des coupe-jarret, des voyous de la plus belle eau qui voulaient gîte et couvert. Il a accepté bien entendu. L’histoire retient volontiers les bandits d’honneur (concept sur lequel il y aurait beaucoup à dire) mais le maquis était surtout peuplé de canailles dont il n’y avait rien de bon à attendre. Pour faire bref, nous allons dire que les malfaiteurs avaient l’intention de tuer le grand-père dès qu’il dormirait mais que celui-ci avait compris leurs intentions. Il a attendu qu’ils s’endorment et les a occis tous les deux sans autre forme de procès. Les gredins étaient recherchés. Et en guise de récompense, l’aïeul s’est vu accorder une charge de garde des Eaux et Forêts. Après, un bref séjour dans la vallée d’Ascu, il est revenu s’établir dans le Filosorma où il a construit la première maison du lieu..la maison du garde..a casa bardiana. D’où le nom du village !
Parce que voyez-vous, et vous pourrez le vérifier dans l’excellent dictionnaire corse-français de Mathieu Ceccaldi qui fait référence dans nos pieve, garder se dit et s’écrit « bardà » et le garde « u bardia »..prononcer « ou wardia ».  En aucun cas, cette triphtongue « ghj » mise là pour rendre la prononciation.
A la rigueur, on aurait pu retenir « guardianu » ou « vardianu » comme le propose le nom moins excellent site de l’ADECEC mais ça ne restitue pas le « b » que nous entendons de façon distincte lorsque les niolains et Filosorminchi, parlent du hameau.
Tout ça pour dire, que la langue corse qui était de tradition orale a commencé à être codifiée relativement tard. Au 19ème siècle sans doute. L’idée était retrouver à l’écrit, les tournures parlées avec ces fameuses  trinaires ou intricciate (lettres intriquées ou composées ou emmêlées). Or, si leur utilité est évidente dans certains cas en début de mot notamment (comment écrire « chjamà » pour rendre le « tjia » ?) elle peut rendre inutilement complexe l’écriture de mots comme le « bardiana » dont nous parlons aujourd’hui.
Bref et pour conclure, il semblerait que cette affaire de triphtongues a pu déclencher en son temps, des débats animés. Je m’en voudrais de souffler sur des braises sans doute mal éteintes. Alors, en définitive, fatela cum’ella vi pare… faites comme vous voulez.

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Merci à la belette agile pour ses photos

PS.. le blog que vous parcourez, fait partie d’un site dédié à l’apprentissage de la langue corse. Si vous voulez le découvrir, cliquez sur l’image ci-dessous…

Le Fango….U Fangu….

Le Fangu court sous ma maison. Quelques minutes à pied pour le rejoindre. Il doit sans doute exister des fleuves plus beaux mais je n’en ai jamais trouvé. Et pourtant, j’ai parcouru quelques pays parmi les plus beaux.

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Le fleuve. Un peu présomptueux comme appellation pour un cours d’eau qui doit faire trois mètres de large au plus. Mais c’est justifié puisqu’il se jette à la mer.
Fangu ! Quelle injustice de voir qu’il pourrait tirer son nom de la boue, a fanga. Une eau aussi limpide, pure associée à la turbidité. Difficile à croire. Sauf, si on assiste à une crue. Et là, alors que tous les ruisseaux se rejoignent, une vague se forme et roule dans la vallée, emportant avec elle, des pierres, des arbres, jusqu’au delta de la Foce où pour un moment, la couleur de la terre l’emporte sur celle de la mer. Le marron envahit le golfe de Galeria et repousse le bleu turquoise, loin au large.

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Je connais le fleuve par cœur du moins les quelques kilomètres qui vont du pont de Mansu jusqu’aux trous proches de l’ancien village de Candela. Gamin, les piscines en bas de la maison pour apprendre à nager puis les premières émotions à la passerelle. Quatre ou cinq mètres de fond. Une eau verte. Et après l’aventure. Plus tard, les après-midi au soleil a  San Quilicu. Les plongeons pour épater les filles. Des sauts improbables. Il y a de la chance pour les adolescents amoureux. Nous aurions dû nous casser le coup cent fois en sautant toujours plus haut dans une eau toujours moins profonde. Puis la pêche. Bocca Bianca, Cavicchia avec les nuits à la belle étoile, enroulés dans une simple couverture.
Il faut bien comprendre qu’à l’époque, la vallée du Filosorma était inconnue ou presque. La route venait d’être goudronnée et elle était bien étroite. Les touristes filaient sur Porto en ignorant, tant mieux pour nous, la vallée qui s’ouvrait à gauche en arrivant au carrefour du moulin. Le Fangu nous appartenait.

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A la fin de l’été, alors que le village disparaissait très vite, le fleuve nous accompagnait  jusqu’au pont des cinq arcades. Il y a avait de l’eau dehors et de l’humidité dans la voiture silencieuse.
Un fleuve aussi beau ne pouvait rester ignoré si longtemps. Désormais, les rochers sont noirs de monde et tout le long de la route, les voitures sont alignées. Normal. Rien à dire. Pourquoi priver le monde de cette beauté. Simplement le Fangu souffre et étouffe à la manière d’un organisme vivant qu’on embrasserait trop et d’une manière trop violente.

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La crue, la grande crue de la fin du mois d’août, celle là je l’aime bien. C’est le Fangu qui s’ébroue, qui fait sa grande toilette et charrie au plus loin, les traces de l’été. Les vacances sont finies et le fleuve respire.

U Fangu…

U Fangu corre sottu a mo casa. Una stondetta a pedi per raghjunghjelu. Ci seranu fiumi forse piu belli ma un l’aghju mai trovi . Eppuru, aghju giratu parechji paesi tra i piu belli.
U fiume. Un pocu d’orgogliu cume nome per un corsu d’acqua chi fara di piu, tre metre di largu. Ma, si po di omu, postu chi stu corsu si lampa in mare.

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Fangu ! Piu bella inghjustizia di vede chi u so nome puderia vene di a fanga. Un acqua cusi limpida, pura, assuciata a a turbidita. Difficiule da crede. For di vede una fiumara. Allora, quandu tutti i ghjargalli si trovanu, si forma una matarasciata chi roda indè a valle, purtandusine, pedre, arburi sin’a u delta di a Foca induve per un mumentu u  culore di a terra supraneghja quellu di u mare. U castagninu invadisce u golfu di Galeria e rispigne u turchinu, luntanu a u largu.

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Cunoscu di mente, quellu fiume, o mancu i qualchi chilomètri chi vanu di u ponte di u Mansi sin’a li pozzi vicini di u paese abandunatu di Candela. Zitellu, i pozzi, in ghjo di a casa per amparà da nutà eppo i primi emuzioni sotta a verga. Quatru o cinque metri di fondu. Acqua verde. E dopu l’aventura . Piu tardi, stonde assulanate dopu mezziornu in San Quilicu. Capiciotti per abbacciacà e zitelle. Salti assai imprubabile. Ci sera un Diu per i pullastri inammurati. Ci era a piazza per truncassi u colu cente volte saltandu cusi da un scogliu sempe piu altu in un acqua sempre menu prufonda. Eppo a pesca. Bocca Bianca, Cavicchia incu e notte a chjardiluna, ingutuppati in qualchi cuverta.
Ci vole da sapè chi, a l’epica, u Filosorma un era cunisciutu di nimu o guasi. A strada venia di esse catramata e era bella stretta. Turisti pigliavanu per Portu, lasciendu, tantu megliu per noi, u valle chi s’apria a manca ghjughjendu a u cruccivia di u mulinu. U Fangu ci pertenia.

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A a fine di a statine, mentre chi u paese smariscia prestu prestu, u fiume ci accumpagniava sin’a un ponte di e cinq’arcate. Ci era acqua a l’infora e umidita indè a vittura zitta.
Un fiume cusi bellu un pudia firmà scunisciutu. Oramai, e sponde so neri di mondu e e vitture so in infilate nant’a u stradone. Nurmale. Nulla da di . Perche privà a ghjente di questa belleza ? Ma u Fangu soffre e stufa quante un urganismu qui seria troppu abbracciatu e di una manera viulenta.
A fiumara, a grande fiumara d’aostu, questa qui mi piace assai. E u Fangu chi si scuzzuleghja, chi face a so tualetta et chi si porta a u piu luntanu, e traccie di l’estate. Vacanze so finite e u fiume si rinfiata.
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