Il arrive parfois qu’en écrivant un article, je pense à un autre sujet possible. C’est ce qui m’est arrivé en parlant des voceri et lamenti, que j’ai illustré par le tableau peint par Léon Charles Cannicioni « a voceratrice ».
J’ignorais tout de ce peintre et même à une exception près dont je parlerai plus bas, de tous les autres insulaires ou étrangers qui avaient travaillé sur la Corse.
D’où cet article. Et je dois reconnaître que j’ai eu de vraies surprises. Bien entendu, tous les peintres n’y sont pas. Je ne parle de ceux dont l’œuvre m’a procuré une vraie émotion. Il est certain que d’autres options étaient possibles. C’est comme ça. Choix personnel.
Alors ce fameux Léon Charles Cannicioni. Il est né à Ajaccio le 29 avril 1879 et mort le 25 avril 1957 à Courbevoie. Installé en France continentale un an après sa naissance, il suit de brillantes études. Il suit un temps des cours à l’École des Arts décoratifs puis l’École nationale des beaux-arts. Élève de Jean-Léon Gérôme et de Gabriel Ferrier, membre du Salon des artistes français dès 1909, il y obtient une médaille d’or en 1924. Peintre reconnu, officier de la Légion d’Honneur, il a été reconnu pour son talent, en France mais aussi à l’étranger.
Sa biographie complète est à consulter ici sur le site « bronzes-animalia » et vous pourrez voir plus de cinquante de ses tableaux sur le site « artnet »
Pierre Bach ensuite. C’est celui que je connaissais. Il se trouve que des cousins ont beaucoup de tableaux de lui. Si j’ai bien compris, il payait son hébergement chez eux en leur donnant des tableaux. Bonne affaire si on y pense. Il n’était pas corse puisque né à Toul. Mais il adorait l’île et s’y est installé. Il y est mort, à Erbalunga en 1971. Il avait déclaré à un journaliste « A partir de ce moment, j’ai compris que la Corse ferait de moi un prisonnier pour toujours ».
Pour lui aussi, vous pourrez admirer son travail sur le site « artnet »
François Corbellini, maintenant. Elève des Beaux-arts à Paris, a été formé par les plus grands. Comme Cannicionni, il a suivi les leçons du peintre et sculpteur Jean-Léon Gérôme, mais aussi de Gustave Moreau. Reconnu en France et à l’étranger, il est devenu conservateur, le premier, du Musée Fesch. François Corbellini continuera à peindre dans son atelier ajaccien jusqu’à la fin de sa vie, mais c’est à Piana, le village qui l’a tant inspiré, qu’il s’éteint en 1943 à l’âge de 80 ans. Une particularité dans son travail. Il a beaocup travaillé pour l’illustration des premiers guides touristiques. Un artisan de la promotion des artistes insulaires mais aussi de l’île !
Et quelques-unes de ses œuvres sur le site « artnet »
Dominique Frassati, né le 29 mars 1896 à Corte (Corse), et mort dans la même ville le 10 juillet 1947 a une histoire singulière. Gazé pendant la première guerre, il perd la vue et ne la retrouve qu’après un traitement en Argentine, où il avait été accueilli par son oncle Santos Manfredi (dont l’histoire,ici, mérite d’être connue. Après avoir vécu à Oran, il revient en Corse où il devint lui aussi conservateur du musée d’Ajaccio. Il est regardé comme un pionnier de la peinture corse.Lui aussi, a sa page sur le site « artnet »
Et un dernier pour la route. Lucien Péri, né à Ajaccio le 3 mai 1880 et décédé à Paris le 28 juillet 1948, est reconnu pour son talent exceptionnel. Dès 1910, ses œuvres sont exposées à Paris au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts, où il devient rapidement membre du jury et se distingue par ses contributions annuelles. Son talent est consacré en 1935 lorsqu’il reçoit la médaille d’or du Salon. Dans les années 1920, Péri connaît un succès international. Il expose à la galerie Georges Petit à Paris, à la galerie Borghèse, et à la galerie des Champs Elysées. L’État français acquiert plusieurs de ses œuvres entre 1928 et 1938. Son tableau des Sanguinaires illustre même un timbre.
Sa page sur le site « artnet » montre son travail y compris les affiches touristiques
Pourquoi ne pas le dire. Je ne connaissais pas grand-chose sur les peintres corse. J’ai été surpris par leur nombre et la qualité de leur peinture. Je ne suis pas un fanatique de l’art figuratif et je me suis retrouvé dans ces toiles qui, y compris chez des peintres classiques, jouent sur la lumière et la matière. Frassati est tout à fait inclassable et j’ai été ébloui par son travail sur les formes et les couleurs. Chacun a sa manière, a bien traduit ce qui fait la beauté et l’âme de l’île !
PS.. le blog que vous parcourez, fait partie d’un site dédié à l’apprentissage de la langue corse. Si vous voulez le découvrir, cliquez sur l’image ci-dessous…



























