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Le couteau corse ..a cultella

Lui c’est mon ami. Curieuse façon de présenter un couteau n’est-ce pas ?

Et pourtant, si on en croit la tradition, chaque jeune garçon recevait ce couteau lorsqu’il avait assez grandi pour pouvoir travailler dans les champs. Il prenait alors une place différente dans la famille. Il était un adulte. Cet objet essentiel était alors surnommé   « l’amicu » l’ami !

Cette symbolique du couteau existe partout et cet objet est plus symbolique que d’autres.  Il porte une histoire. Chaque génération a apporté sa marque et les civilisations l’ont intégré à la tradition.   Force, honneur et puissance, c’est un objet particulier. Si je veux être franc, je regarde surtout s’il est assez affuté pour trancher le saucisson, le fromage et le pain du spuntinu.. le casse-croûte.

L’histoire du couteau dans l’île commence au 2ᵉ siècle alors que la Corse devenait romaine. Ce sont les romains qui ont inventé le couteau pliant et les Corses n’ont pas tardé à faire les leurs avec des morceaux de bois et de la corne de chèvre. Petit à petit, les forgerons ont travaillé le fer et ont fabriqué ce qui ressemblait sans doute beaucoup à nos outils modernes.

Une chose à savoir si on veut employer le mot juste en langue corse..a cultella, c’est le couteau de poche qui s’ouvre et u cultellu c’est le couteau de table à lame fixe.

On retrouve en Corse diverses sortes de couteaux. Le stylet en damas, très ancien qui d’outil pour percer le cuir est devenu une arme. Le couteau de berger, manche courbé et lame forte. Un instrument de travail. L’amicu dont je parlais en début d’article. Et puis le fameux « vendetta » fin et élégant et disons-le tout net, ridicule la plupart du temps. L’horrible cadeau souvenir fabriqué en Chine, pas cher, avec la fameuse inscription sur la lame.. chi a mo ferita sia murtale ..que ma blessure soit mortelle.. Pauvre de nous !

Mon premier vrai couteau corse, je l’ai acheté au CERM..centre d’études et de recherches minéralogiques de la Corse..  du temps où il existait encore à Lumio. Bois local, fer de la mine de Farinole et travail d’artisan. Je l’ai gardé pendant vingt ans et il ne me quittait jamais. Et puis je l’ai perdu pendant une sortie de pêche à Bocca Bianca. Ou ailleurs..qui le saura ?

J’en ai racheté quelques autres dont le dernier est l’illustration de l’article. Corne et acier damassé. Fait par un artisan. Par pitié, fuyez les objets, indignes d’être appelés couteaux, qui sont exposé en vitrine à côté des magnets, ânes qui donnent la météo et autres têtes de maure fantaisie. Un vrai couteau est fabriqué par un artisan coutelier à partir de matériaux nobles. Bien sûr que c’est cher mais un ami, ça n’a pas de prix !

PS.. le blog que vous parcourez, fait partie d’un site dédié à l’apprentissage de la langue corse. Si vous voulez le découvrir, cliquez sur l’image ci-dessous…