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Le nom de famille..u nome.. a casata

Une petite remarque pour commencer. Il y a deux façons de traduire « nom de famille » en corse. La première est la plus fréquente. U nome. Du latin pur. Mais si on veut être précis, il faut savoir que « nome » signifie aussi bien le nom de famille que le prénom. La seconde est moins fréquente mais plus juste. C’est « a casata ». Vous l’aurez compris. Il s’agit de la maison dont l’individu est issu. L’idée qu’on retrouve dans l’approche noble de la maison en langue française. Bref, pour être dans une approche orthodoxe, il faut dire « di nome Nabulio e Buonaparte di casata ».

D’où viennent les noms corses ? Le site Généanet a classé les 100 noms les plus répandus. Je mets cette liste en fin d’article pour, si ça vous intéresse, voir si le votre ou celui de votre famille est recensé. Le professeur Jean Chiorboli a beaucoup écrit sur ce sujet. Et ses chroniques confirment que la formation du nom en Corse vient de la déclinaison du prénom. Les exemples abondent dans la liste de Genéanet. De Mathieu, Mattei ou de Antoine, Antoni et bien d’autres. Mais pas seulement.  Nous allons aussi retrouver une origine professionnelle, u ghjudice et les Giudicelli et l’intriguant Maestracci qui renvoie à un mauvais maître ou un mauvais maçon. Et puis les lieux. Sorba par exemple qui renvoie à un endroit ou abonde le sorbier. Et d’autres explications pour des patronymes moins fréquents qui obligent à des recherches étymologiques et historiques. Jean Chiorboli cite par exemple dans une de ses chroniques, l’exemple du nom Bighelli. Il y voit comme origine un diminutif du nom de personne d »origine germanique ou la contraction d’Alberigo.

Tout ceci est en définitive assez classique. Les prénoms sont souvent à l’origine des noms de familles et pas seulement en Méditerranée. En Islande par exemple, on retrouve le suffixe son pour dire « fils de » précédé par le prénom du père, Jonson, Gudmundson ou le suffixe dottir pour dire « fille de » ..Jonsdottir.

Une chose est à signaler. Le nom de famille donne aussi une indication forte sur l’origine géographique. L’exemple le plus connu est celui des gens de Cargèse qui ont des patronymes venant du grec. Et quant à moi, mon nom de famille qui figure dans la liste sans être très répandu, m’assure que celui le porte vient de mon village ou en tous cas ses ancêtres.

Un article de Pierre Lamotte sur l’état civil en Corse apporte un éclairage historique très intéressant qui met en évidence les conséquences des périodes troubles que l’île a connues.

La mise en place des registres de baptême, mariages et sépulture a été difficile à mettre en place par l’Eglise et de surcroît, les archives ont été souvent détruites.

Les noms de famille n’étaient pas utilisés dans les communautés villageoises et les notaires et autres curés, notaient les prénoms des personnes suivis des prénoms du père, parfois de la mère et de façon plus rare du grand-père. Il faudra attendre la fin du 18ème siècle pour qu’un état-civil crédible soit mis en place.

Ceux qui tentent l’aventure généalogique ou qui, c’est au moins aussi aventureux, règlent une succession en Corse, pourront le constater. Imprécision des rédactions, latin puis italien, puis français plus ou moins bien transcrit. Le nom de famille ne vous conduira pas très loin dans l’histoire familiale.

PS.. le blog que vous parcourez, fait partie d’un site dédié à l’apprentissage de la langue corse. Si vous voulez le découvrir, cliquez sur l’image ci-dessous…