Le jardin potager..l’ortu..

J’éprouve une vraie nostalgie en pensant aux jardins. Pas aux jardins d’agrément, i giardini, mais aux potagers, l’orti. Il doit y en avoir encore dans les villages mais par chez moi, je n’en vois plus.

Une pensée amère pour celui qui a détruit le chemin bordé de murs en pierre qui descendait à la rivière. Il fallait que les engins arrivent à la station d’épuration mais il n’était pas nécessaire de tout casser jusqu’à la passerelle ! Ah bien sûr. Maintenant les voitures peuvent descendre jusqu’au fleuve. C’est si confortable et trois ou quatre cents mètres à pied, c’était trop demander.

Bon, le long de ce fameux chemin, outre les ronces chargées de mûres, il y avait de part et d’autre, des jardins. Mais il y en avait aussi en bas de chaque maison. Tôt le matin ou en fin de journée, c’était arrosage. A l’époque, le ruisseau de Bardiana courait encore et le captage, un gros tuyau noir, apportait l’eau nécessaire. Un coup de pioche. Une rigole après l’autre et on arrosait ainsi tout le potager.

Il y avait les haricots qui dominaient tout ce petit monde végétal bien accrochés à leur tuteur en bois. Courgettes à profusion, aubergines, salades et concombres. Des tomates comme je n‘en plus jamais vues. D’une taille énorme, que de la chair et d’un goût. La « rouge de Corse » variété très ancienne originaire qui était connue jadis sous le nom de “Pumata Nustrale”, la tomate de chez nous. Vous pouvez vérifier sur internet. On parle de fruits de cinq cents grammes mais je peux vous garantir que j’en ai mangé qui pesaient davantage. De l’oseille, que je n’aimais guère et des melons que j’appréciais bien plus

Et puis des fruits. Poirier, prunier et même un cognassier à qui je donnais rendez-vous aux vacances de la Toussaint. Un cerisier aussi dont nous ne profitions guère. Les oiseaux mais aussi quelques chapardeurs à deux pattes pour qui le respect de la propriété d’autrui pesait peu quand il s’agissait de cerises juteuses. Et puis, les tous premiers jours des vacances d’été, ça se jouait à pas grand-chose, il restait quelques framboises. Petit trésor.

Ca, c’était dans le Filosorma..Au Niolu, où je passais quelques jours, le soir je partais avec mon oncle pour arroser au Canale ou à Siborchja. Canale, c’était en haut du village. Il y avait des noisetiers et des fraises des bois que je n’ai jamais pu goûter. Les jeunes du village avaient repéré le gisement et le pillaient avec une efficacité redoutable. Siborghja était trop loin pour le pillage. Il fallait prendre la piste qui montait vers l’Ercu, puis la laisser et descendre sur la droite. Passer deux ou trois murets et c’était le potager. Un pommier avec des fruits verts et acides, des pommes de terre que mon oncle avait renoncé à me faire ramasser. A chaque coup de bêche, j’en coupais une en deux. Et surtout, un bassin dans lequel venait la menthe pouliot, la menthe des bassins. Odeur et goût dans les beignets. Je ne vous dis que ça.

Et puis nous rentrions avec le panier plein quand le soleil tombait. Et la fraîcheur car le soir, même en été, il faisait froid à l’Acquale.

Un steak, les pommes de terre à peine sorties de terre avec les tomates fraiches en sauce après un passage à la poêle.

Oui, j’ai la nostalgie des jardins. Et puis aussi et peut être surtout de ces jours paisibles.  

p>PS.. le blog que vous parcourez, fait partie d’un site dédié à l’apprentissage de la langue corse. Si vous voulez le découvrir, cliquez sur l’image ci-dessous…

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