Un matin de Noël, au pied de l’arbre, il y avait un livre illustré. Napoléon raconté à tous les enfants. L’enfance ajaccienne, Napoléon commandant une bataille de boules de neige à Brienne, Arcole, le sacre, Waterloo et Sainte Hélène. Bon. Le but de l’ouvrage n’était pas à l’évidence, de présenter un bilan critique de l’Empereur.
Il faut dire qu’à l’époque, il n’y avait pas de soirée corse sans que retentisse l’Ajaccienne..
Et puis, il y a quelques mois, j’ai pu voir le Napoléon de Ridley Scott. Mon Dieu ! L’Empereur est présenté comme un empoté, peureux et pleurnichard, une brute avec les hommes et soumis à son épouse. Bien entendu, son œuvre politique, culturelle et civile de la période est totalement absente. On conclut par le nombre de morts dont il est responsable sans rappeler une seule seconde, le contexte politique de ce qu’était l’Europe en ce temps-là.
Je ne vais pas me lancer dans une analyse de ce que fut Napoléon. Je n’ai ni les connaissances, ni le talent nécessaire.
Ce que je sais, c’est qu’héritier ou pas, ça se discute, de la Révolution, il est arrivé au pouvoir dans un contexte où tous les pays voisins nourrissaient une haine tenace vis-à-vis d’un peuple régicide. Un despote sans nul doute. « Cet homme, dont j’admire le génie et dont j’abhorre le despotisme », a résumé Chateaubriand. Mais, y-avait-il des démocrates éclairés à l’époque ?
Tout au long de mes études puis de ma vie professionnelle, j’ai découvert un Napoléon mettant en place un état moderne. Code Civil, plan cadastral unique et centralisé. Et j’ai aussi appris qu’il y avait une face sombre. Le rétablissement de l’esclavage, le passage de la guerre défensive jusqu’à la bascule en 1808 où à cause de son ambition, Espagne, Russie surtout, la guerre est faite avant tout par amour de la gloire.
Puisque nous parlons ici de la Corse, il faut bien reconnaître que Napoléon a surtout laissé dans l’histoire de l’île, le souvenir de sa naissance. Quelques textes, un engagement plutôt dicté par son propre agenda politique, une divergence avec Paoli pour aboutir in fine, à une rupture avec le pays de ses origines. (à lire Bonaparte, la Corse et les Corses de Barbara KRAJEWSKA ).
En définitive, ce qui je retiens du dossier Napoléon, c’est l’incapacité dans laquelle nous nous trouvons, sur ce sujet comme bien d’autres, à juger avec calme et nuance. C’est pour le dire très franchement, une réelle souffrance de voir en Corse comme ailleurs, des discours manichéens, où des personnes qui n’ont pas toutes les connaissances utiles, s’opposent sans chercher l’équilibre nécessaire.
Oui. Ambitieux sans nul doute, impulsif, aimant la guerre. De cela on ne peut douter. Mais pourquoi ne serait-il pas possible d’admettre que Napoléon n’était ni noir ni blanc. Il a dirigé la France de manière très autoritaire en étant plus attaché à l’égalité qu’à la liberté. Mais, on ne peut ignorer que son gouvernement a eu de très bons aspects, notamment sur le plan de l’administration. Aigle, ogre, stratège, mysogine, esclavagiste…
Il était tout simplement un homme, avec ses qualités et ses défauts.
PS.. le blog que vous parcourez, fait partie d’un site dédié à l’apprentissage de la langue corse. Si vous voulez le découvrir, cliquez sur l’image ci-dessous…


