La langouste !

Parmi mes anciens, il se trouve que j’en avais un qui était pêcheur à Ajaccio. Je vous parle du début du siècle dernier. On parlait de lui de temps à autres mais je n’ai guère de souvenirs. Sauf un. Celui-là m’avait marqué. Ma mère me disait qu’à l’époque, la langouste n’intéressait guère les pêcheurs.

Déjà à l’époque, j’étais gamin, vu le prix de la langouste, je trouvais ça étonnant. Nous en mangions une fois par été et encore pas toujours. Il fallait la commander à Galeria et le repas familial autour de ce crustacé, était une fête. Un festin !

En plus, l’idée que la langouste ait été remise à la mer ou à la rigueur, cuite avec une soupe de poissons est peu crédible. Car, si on se documente un peu sur le sujet, on lit qu’en Corse, la langouste était consommée dès l’antiquité romaine. La fabrication de nasses en jonc est attestée. Au milieu du 19ème siècle, la pêche est devenue professionnelle et certains ports, en particulier Centuri dans le Cap, se  sont spécialisé. C’est toujours le cas.

Avec le tourisme, nous parlons là des années 1960 à 1970, la langouste reste sur les tables familiales mais commence à apparaître comme la star des restaurants insulaires. Avec et ce n’est pas une surprise, des prix qui s’envolent parce que le produit est saisonnier et très demandé.  

Cliché de la famille Dondero de Galeria, issu du livre « la vie d’avant dans le bassin du Fangu » (association Cunniscenza di Scandula e di u Fangu)

Petite remarque en passant, le homard, crustacé d’une famille différente est aussi présent dans les eaux de l’île. Certains restaurants le mettent à leur carte. Mais, soit par tradition, soit parce que son goût est meilleur, la langouste est bien plus appréciée.

Disons-le d’entrée. Après de nombreux voyages, où j’ai pu déguster d’excellentes langoustes, je n’en ai jamais trouvé de meilleures qu’en Corse.

A quoi ça tient ? A l’eau j’imagine, et au fait qu’elle vit dans un environnement idéal. Fonds rocheux, grottes, herbiers de posidonies. Peut-être aussi que la Méditerranée est fermée et plus riche en nutriments. Je n’en sais rien et un spécialiste pourrait en parler mieux que moi.

Rochers, grottes, c’est donc dans le Cap, vers les Lavezzi ou à Scandola qu’on en trouvera. Sur Scandola, j’en ai vu d’une taille étonnante.

Pour des raisons liées à sa protection, la pêche est réservée aux professionnels. Ils utilisent des nasses appâtées et posées sur le fond. Elle est autorisée d’avril à septembre. Maintenant, comme les gardes ne sont pas partout, j’ai bien peur que quelques plongeurs à l’abri des regards, viennent en prélever quelques-unes.  J’ai bien peur..non..hélas, j’en suis sûr.

Victime de son succès et de son goût.

Alors, je sais que la langouste peut se manger à la bonifacienne, avec une sauce tomate ou simplement grillée à la braise avec un filet d’huile d’olive. A la maison, Maman avait une recette différente. Bien ligotée, la langouste était plongée dans l’eau bouillante. Il ne fallait pas jeter l’eau de cuisson ! Après avoir fait revenir oignons et tomates, on y faisait cuire des pâtes. Langouste servie froide accompagnée par une mayonnaise montée avec son corail et pâtes…

Mon Dieu que c’était bon !

Alors la langouste est à la fois un symbole de la cuisine insulaire, un pilier économique pour beaucoup de ports en Corse et un défi à venir.

Le défi de maintenir la ressource. Changement climatique, vigilance sur la surpêche, voilà les enjeux pour garder vivant un peu de notre richesse maritime et notre terroir gastronomique.

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Tours génoises, les sentinelles..

Photo Corse Matin (Angèle Ricciardi)

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La fondation du patrimoine, vient de faire connaître les cent projets départementaux qui seront soutenus. On y trouve deux édifices situés en Corse, les tours de Galeria et de Capu Neru à Coti-Chiavari. J’ai pour celle de Galeria une affection particulière. Je la connais bien et sa situation est magnifique face à la mer, au-dessus de « a foce » avec la grande barrière au fond de la vallée

Mais, je ne la vois pas comme une des plus belles tours de l’île.

En fait, il ne s’agit pas de classer les tours génoises mais de soutenir un projet de rénovation.  Allez, la collecte de fonds a commencé et du coup je vous propose le lien pour celles et ceux qui seraient intéressés.

Les tours génoises ! Il y en avait plus de cent. Comme le montre la carte que j’ai récupérée sur le site « lacorse-travel », on les trouvait sur tout le littoral. Ce qui n’a rien de surprenant puisque leur fonction était celle d’une sentinelle. Sur les 120 tours génoises recensées en 1730, il n’en reste plus que 67. C’est donc en effet un patrimoine à préserver. Historique, architectural et culturel.

Toutes les côtes méditerranéennes subissaient au 15ème siècles des attaques barbaresques. Il existait des tours et des fortifications. Mais en nombre insuffisant. Les villageois n’avaient pas toujours le temps de fuir en montagne. Ils étaient tués ou réduits en esclavage. En 1530, Gênes et pour être plus précis, l’office de Saint Georges,  envoie deux commissaires, Paolo Battista Calvo et Francesco Doria, chargés d’inspecter le dispositif défensif de l’île. Après leur visite, 90 nouvelles tours seront construites

Ces tours sont implantées de telles sorte que chacune est toujours visible d’une autre. Le guetteur « u torregianu » qui apercevait une flotte menaçante, donnait l’alerte. Par un feu ou en sonnant la conque « u culombu ». L’information circulait vite et permettait aux villageois de préparer leur défense ou de fuir.

Ces tours sont rondes à quelques exceptions près. Le fortin de Girolata en particulier. Entre 12 à 17 mètres de hauteur, elles ont toutes la même configuration.

Quatre étages.Un sous-sol pour les réserves et les munitions, un premier étage qui était un espace de vie pour les gardiens avec une cheminée, un deuxième étage qui était une salle de garde et enfin, une terrasse au troisième étage pour bien voir l’horizon.

Pas d’escaliers à l’intérieur mais des échelles avec des trappes entre les étages.

Les tours étaient peu armées et à l’exception de la tour de l’Osse à Cagnano, et encore ce n’est pas sûr, il n’existe pas de relation de combat entre les barbaresques et les soldats. La vocation de ces tours c’était le guet.

Peu d’histoires et quelques légendes comme celle de Sénèque, qui aurait été exilé dans le Cap dans une tour qui de toutes façons n’était pas génoise mais romaine.

Les torregiani qui ne devaient pas quitter leur poste sous peine de galère, oubliaient souvent leur mission militaire pour se livrer à diverses activités plus lucratives. Peu ou pas d’entretien de ces constructions en pierre, évolution des technologies militaires et fin de la menace barbaresque, les tours se sont dégradées, sont tombées en ruine et certaines ont même été détruites.

Il en reste moins de 70. Symboles de l’identité insulaire, emblèmes d’une beauté sauvage, certaines sont en très bon état et d’autres ne tarderont pas à s’effondrer. Un pan de patrimoine par terre

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Des russes en Corse..

Vapeur Rion (site: https://aaomir-cmir.net/lemigration-russe/lequipage-du-paquebot-rion/)

Au début des années 30, le ministère de l’intérieur demanda un recensement des étrangers vivant en Corse. Il y en avait à peu près vingt mille. En majorité italiens. Mais, ceux qui apparaissaient en deuxième position, étaient russes. Un peu plus de trois cents.

Une curiosité ? Sans doute pour ceux qui ne connaissaient pas l’Histoire. Ceux qui avaient suivi l’actualité des années précédentes n’étaient pas surpris d’avoir pour voisins des Amolsky, Baranovsky,  Ivanenko, Taczanowski, ou autre Voropaieff.

En 1920, c’est la fin de la guerre civile en Russie. L’Armée rouge l’emporte sur les « Russes blancs » qui avaient combattu les bolcheviks. Ceux-ci, réfugiés en Crimée, ont pris la fuite en bateau. Pas loin de 150.000 personnes dont 30.000 environ étaient des civils.

Quelques pays les accueillent mais c’est le Brésil qui va proposer de donner des terres à 10.000 réfugiés. On décide donc d’envoyer un premier contingent de 3.000 personnes vers l’Amérique du Sud. C’est le vieux paquebot « Rion » qui est choisi. Depuis Constantinople, et après quelques escales, il arrive à Ajaccio dans la nuit du 15 mai 1921.

A l’exception de la publication « a muvra », la presse et la population ont vite fait preuve de solidarité envers les russes. Le Rion ne pouvant repartir, quelque 600 réfugiés sont enfin autorisés à débarquer pour aller s’installer à la caserne Livrelli, située dans le centre d’Ajaccio.

Après la première guerre mondiale, l’agriculture insulaire manquait de bras. Aussi, beaucoup de ces réfugiés ont été engagés comme ouvriers agricoles. Certains de façon officielle, il y avait un bureau de recrutement à la caserne. Et d’autres non. Quelques russes n’avaient pas attendu d’être accueillis par les autorités. Ils s’étaient évadés du Rion à la nage. On peut lire à ce propos, la très complète page Wikipedia qui évoque le destin d’Anatole Popoff.

Photo issue du site du Journal de la Corse (https://www.journaldelacorse.corsica/articles/1811/quand-la-corse-accueillait-des-russes)

Les quelques 800 russes, peut être davantage selon les sources, se sont très bien intégrés. Ils donnaient pleine satisfaction à leurs employeurs. Ils sont très dispersés dans l’île plutôt dans le sud et parfois, il n’y a qu’un seul individu, surnommé comme il se doit « u russiu ».

Des familles ont été fondées. Et en quelques années, leur intégration a été complète. La naturalisation a été accordée peu à peu.  Ainsi, Anatole Popoff devient français dès 1927, Serge Amolsky en novembre 1930, alors que Nicolas Ivassenko doit attendre pour cela le 26 mai 1936.  et en 1939, il n’y avait plus que trois réfugiés qui avaient souhaité rester russes.

On peut dire qu’en se mariant sur place, parfois avec la fille de leur employeur, en apprenant la langue, en se convertissant au catholicisme, ils avaient épousé un pays. Une intégration complète qui était sans nul doute leur plus grand espoir car ils n’avaient plus rien à attendre de leur pays d’origine.

Leur dissolution parmi les Corses est étonnante. A tel point, que leur souvenir s’effaçait.

Une association, Kalinka-Machja, réunit les descendants des passagers du Rion mais a priori, elle n’est plus très active.

Je n’ai parlé que du destin corse des « russes blancs ». L’histoire va bien au-delà. De nombreuses publications donnent beaucoup d’informations sur le mirage brésilien ou le triste épisode du paquebot « Burgeister von Melle » qui a ramené des centaines de réfugiés vers le Bosphore qu’ils auraient bien voulu ne jamais revoir.

Quelques liens:

Article du site « in piazza » Article de Corse Matin.. et un billet du Journal de la Corse

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Vendetta…Vindetta..

La vendetta, la vengeance, est un sujet particulier.

Au-delà des fantasmes, il faut tout de suite savoir trois choses. La vendetta existait ailleurs qu’en Corse et pas partout dans l’île. Sa raison d’être est assez évidente, misère et absence de l’état. Et enfin, ce fléau obéissait à un code. Pauvre de nous. Les auteurs français ont bien travaillé. Mérimée avec Colomba (j’en ai parlé ici), Honoré de Balzac dans son curieux récit « la vendetta » ou encore Guy de Maupassant dans une nouvelle assez ridicule où une mère dresse un chien  avec des boudins ( !) pour tuer le meurtrier de son fils. Donc, la vendetta serait corse ! Pas du tout, elle existe dans les Balkans, dans l’Italie méridionale avec un cas remarquable. L’Albanie. La vengeance y est régie par un droit coutumier, un code connu sous le nom de Kanun. Pour ceux qui sont intéressés, la page Wikipédia est très bien faite.

Donc, un peu partout dans le monde mais pas partout en Corse . Le Cap Corse, où vivaient paisiblement les marins et commerçants, la Balagne ou le Nebbio sauf exception n’ont pas connu de vendetta. Ce sont les villages isolés, en montagne, qui sont concernés.

L’explication, est à la fois historique et économique. Gênes tolérait la vengeance privée en autorisant le paiement pour compenser le meurtre. Là encore, ce n’est pas spécifique à la Corse. C’est prévu par le Weregild (droit germanique), la Diyya (droit musulman) ou encore le Kanun déjà cité en Albanie.

Mais ce qui caractérise la période génoise, c’est l’arbitraire et une mauvaise gestion. Pas de justice véritable ? La justice privée prend sa place. De 1683 à 1745, ce sont plus de 28 700 meurtres par vendetta qui furent ainsi enregistrés. Il faut attendre les deux Napoléon, pour que l’île ait à la fois un système judiciaire qui fonctionne mais aussi et surtout, un développement économique.

Comme évoqué plus haut, la vendetta concernait avant tout les régions les plus reculées, les plus pauvres et le plus souvent enclavées. Dans les montagnes, les voies de communication étaient quasi inexistantes, les habitants, pauvres, éleveurs, paysans vivaient souvent isolés dans des conditions de vie difficiles. La justice ? On n’en parle pas.

Alors, les causes de la vendetta peuvent sembler, aujourd’hui, bien futiles. Un âne qui divague dans un jardin, un arbre qui fait tomber un mur, une parole « de travers » ou un regard jugé insolent. En réalité, la valeur des biens ne compte pas mais porter atteinte à un bien, c’est porter atteinte à l’honneur. Dans une communauté villageoise isolée, l’affront est connu. Et s’il reste impuni, le mépris est pour celui qui ne s’est pas vengé.

Un code, si on peut dire, réglait les détails de ces sinistres affaires. La vendetta c’était une guerre privée, de famille à famille. La femme la plus âgée donnait l’ordre mais ne participait pas au meurtre. Coupable ou innocent, peu importait. On tuait les membres de la famille coupable de l’outrage. Et honte sur celui qui ne se vengeait pas ! U rimbeccu..le reproche et la honte qui obligeait celui qui l’avait reçu à quitter le pays.

Cheveux et barbe qu’on laissait pousser jusqu’à la fin de la vendetta, conservation de la chemise sanglante du mort, déclaration de guerre « garde-toi, je me garde !  pas ou peu de face à face, de duel mais embuscade !

La vendetta pouvait ne jamais s’arrêter sauf si un traité de paix intervenait (fà e pace) grâce à un ou des médiateurs (paceri).

Ce devoir de famille, cet orgueil entretenu par la pression sociale a fait couler bien de sang.

Et sans surprise aucune, les légendes sont arrivées pour glorifier l’homme qui pour sauver son honneur avait pris le maquis et vivait en liberté en ayant méprisé la loi. Certes. Mais pour un Jean-Camille Nicolaï combien de André Spada ! (Voir leur histoire ici)

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Les obsèques…

Vous comme moi, hélas, avez connu des deuils. Ce sont des moments pénibles. Des douleurs intimes qui appartiennent à chacun et dont je ne parlerai pas ici.

Mon sujet, c’est celui des rites funéraires. La façon dont, jusqu’il y a quelques décennies, les enterrements étaient organisés suivant un code traditionnel qui pouvait être différent suivant les régions.

La Corse est un carrefour. Une terre imprégnée de cultures diverses, religieuses et païennes. La mort, est regardée comme une étape et le rite, ce passage, illustre la continuité entre les vivants et ceux qui sont partis. Ce cérémonial est aussi l’illustration de la solidarité de la communauté avec les proches touchés par le deuil.

Lorsque le décès avait des causes naturelles, lorsque le moribond allait rendre son dernier souffle, un proche allumait un cierge qu’il promenait autour du corps en disant des prières. Le prêtre était appelé pour l’extrême onction et les cloches sonnaient, très vite, pour que celui ou celle qui allait mourir les entende. Ce glas chassait les mauvais esprits.

Ensuite, il fallait préparer la maison. On la fermait. Et comme il n’y avait rien d’autre, le corps était placé sur la table de la salle à manger, a tola,. On y posait trois bougies. Le défunt était habillé avec ses plus beaux habits. Dans des temps plus anciens, la famille cachait les miroirs et les récipients étaient vidés pour que l’âme du défunt ne reste pas prisonnière. Les rideaux étaient tirés. Les volets étaient clos. Pendant trois jours.

Les voisins, solidarité villageoise, amenaient les repas à la famille du défunt. Pas de gâteaux ou de sucreries et pas de friture. Il se disait que l’huile en train de frire, chantait. C’était une marque d’irrespect.

Avant l’enterrement, il y avait la veillée funéraire, a vechja. La famille, les amis se retrouvaient dans la maison du mort pour un dernier hommage. Le moment de parler de celui ou celle qui s’en allait, au travers de souvenirs. Il y avait de quoi manger et boire. On saluait le corps en entrant, les hommes serraient la main et les femmes l’embrassaient. Il y a bien longtemps, les pleureuses intervenaient pour des chants improvisés. Si j’en crois la documentation, les pleureuses ont existé jusque dans les années cinquante. Bien plus ancien, est le caracolu, une danse pour accompagner le mort.

Ensuite, le cortège funéraire se mettait en route vers l’église pour la cérémonie religieuse. Une étape, chrétienne, pour bénir l’âme du défunt. L’église est parfois trop petite pour accueillir tout le monde. A l’extérieur, attendent ceux qui n’ont pu entrer. J’ai un souvenir affreux de la sortie de l’église, où tous voulaient m’embrasser. Des dizaines de personnes. J’étais étourdi et au bord du malaise.

Le cercueil était ensuite porté par les hommes jusqu’au cimetière pour l’inhumation. Un dernier adieu.

Puis le retour à la maison, où les visiteurs trouvent de quoi manger ou boire un café avant de repartir parfois pour un long trajet.

Deux choses m’ont marqué. La première c’est que la mort pouvait être l’occasion de se réconcilier pour des gens qui ne se parlaient plus. D’ailleurs, même s’il y avait inimitié, on faisait acte de présence. La seconde, c’est que les villageois notaient les absents et ceux qui s’étaient abstenus de rendre ce dernier hommage, étaient coupables d’un affront.

La Corse a connu l’exode rural. Les villages se sont vidés. Et lorsque la famille vit sur le continent, il n’est pas simple de respecter un rite qu’à vrai dire, la plupart ont oublié. Plus de repas commémoratif quarante jours après les obsèques, plus de branche d’arbousier dans la bouche d’une personne morte à l’extérieur.

Mais ce qui demeure, c’est un rapport particulier à la mort. Entre les deux mondes, celui des vivants et le leur, la frontière est mince. Et celui qui sur le continent ne croit ni à Dieu ni à Diable, aura toujours un rapport craintif avec ce qui touche à l’au-delà.

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Lonzu, coppa mais pas que..

Truie et ses petits au col de Vergio! Photo prise par Madame pour son blog https://www.beletteagile.com/

C’est bientôt la fin de l’été. Les touristes avant de repartir cherchent le souvenir ! Ça tombe bien. Les boutiques et supermarchés regorgent de charcuterie. Dans les épiceries sérieuses, mais il faut mettre le prix, ils trouveront de la qualité. Pour ceux qui ont connu la méthode Assimil « è cara a roba corsa ! ». Les supermarchés, c’est autre chose. Cette abondance est suspecte.

Si on veut retrouver le vrai goût de la charcuterie corse, le meilleur, il faut aller vers des produits élaborés à partir de porcs élevés sur l’île, en liberté, dont la viande aura été séchée dans des caves à l’air libre. Mais avant le séchage, il faut saler et chacun aura sa technique avec plus ou moins d’herbes aromatiques et de poivre.

Or, à moins d’avoir des cochons d’une tonne, on comprend mal comment il peut y avoir autant de charcuterie à la vente. La réponse est connue. Environ 90 % de la charcuterie vendue en Corse est produite à partir de porcs importés (de Bretagne, Espagne, Pays-Bas notamment) et donc seuls à peu près  10 % des produits sont issus de porcs élevés localement, principalement la race corse « Nustrale ».

Premier réflexe. Rechercher AOP (Appellation d’Origine Protégée) qui garantit un cochon 100 % né, élevé, abattu et transformé en Corse ou, à la rigueur, IGP (Indication Géographique Protégée) qui concerne les viandes importées et transformées sur l’île.

Le mieux c’est de connaître un éleveur. J’ai cette chance ! Je garderai son nom pour moi mais je vous propose avec ce lien, une liste des producteurs recommandables.

Alors, qu’est-ce qu’on mange ?

A coppa..de l’échine ou de l’épaule de porc, salée, parfois fumée et ensuite séchée pendant plusieurs mois.

U lonzu, c’est le filet. La partie maigre. Salé, séché, c’est pour moi une alternative idéale à l’éternel « melon jambon ».

La saucisse est préparée à base de viande de porc hachée, d’aromates, de sel et d’autres ingrédients traditionnels. La recette varie selon les régions et le producteur qui y rajoutera du vin blanc, des herbes ou même du fenouil. Ah.. Ne parlez pas de saucisson d’âne ou alors répondez comme je l’ai fait à un collègue qui me demandait où en trouver… « il n’y en a plus depuis que les touristes sont une espèce protégée ». Eccu.

U prisuttu..le jambon..salage, séchage, longue maturation. On m’en avait offert un entier. Il a fini par moisir. Plus de six kilos ! Même en en  mangeant un peu tous les jours, il était impossible d’en venir à bout. J’ai pu goûter du jambon ibérique, le fameux Bellota. Excellent mais sans aucun chauvinisme, un prisuttu nustrale n’a pas à rougir de la comparaison.

U figatellu. La charcuterie pleine de mystère ! Déjà, on en trouve tout le temps alors que normalement c’est une spécialité d’hiver, qui se mange quelques mois après l’abattage « a tumbera ». A base de foie et de maigre, elle doit être grillée et si on peut, récupérer le jus entre deux tranches de pain..Ohimè, le sandwich ! L’autre mystère ? C’est que certains le mangent cru. IL faut aimer le risque parce que c’est fait à partir d’un abat ! S’il y a quelque chose à éviter dans les grandes surfaces, c’est bien le figatellu. On voit le gras tout blanc et bien peu de chair. Le gras c’est moins cher, ô zitté !

A pancetta..qui est notre bacon et j’ai gardé le meilleur, selon moi, pour la fin.

A bulagna ! C’est la bajoue du porc. Forme triangulaire, poivrée, fumée. J’étais jeune quand j’en ai mangé la première fois. Mon oncle à L’Acquale l’avait faite frire avec des œufs. Je m’en souviens encore et quand je peux en avoir, je l’achète. Pâtes, œufs et même une recette personnelle, fondue de poireaux, bulagna et coquilles Saint Jacques juste snackées.

Un truc que vous connaissez sans doute. La charcuterie se garde bien au fond du frigidaire dans un linge humide. Et voilà. Maintenant j’ai faim. Je vais faire une descente dans le frigo et voir ce qui reste dans ce fameux torchon.

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Le camion..u camione.

Non. Je ne vais pas vous faire part d’une passion subite pour ces engins motorisés. Pour tout dire, je m’en fiche un peu. C’est d’une époque révolue, en tous cas chez moi, dont je veux vous parler.

Il fut un temps où la haute vallée n’était pas desservie par une route goudronnée. A partir du pont de Piriu, c’était une piste de terre. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le raconter, c’était une expédition pour rejoindre le village. Mais ce n’était pas l’invasion estivale.

Par contre, les provisions ça posait un sacré problème. Peu d’entre nous avaient une voiture et il fallait descendre à Galeria. De Calvi par la route de la côte, on n’en parle pas. Un vrai calvaire. La solution c’était le camion.

Nous sommes dans la pure tradition de l’île. Les marchands ambulants ont toujours existé. I tragulini ! Je ne résiste pas au plaisir de vous mettre la vidéo de cette chanson qui évoque ce métier. Et dans le Niolu en particulier, on allait vendre dans toute l’île, en carriole puis en camionnette.

J’ai deux souvenirs en particulier.

Le premier c’est celui du camion du boulanger. Il y avait bien longtemps qu’on ne cuisait plus le pain au village. Au début il montait deux fois par semaine puis il est passé à une fois. Il fallait réserver le pain à l’avance car tout au long de la route, il approvisionnait les différents hameaux et même quelques touristes en vadrouille. Les quantités étaient comptées. Ce pain avait la forme d’une grande navette. Ma mère en achetait trois ou quatre pour la semaine. L’arrivée du boulanger était attendue avec impatience. Il arrive le boulanger ! Cri de ralliement. L’heure était à peu près connue. Et tout un petit monde se massait sous les châtaigniers près de la fontaine. L’occasion de discuter en attendant le camion.  Le premier pain, bien frais, partait assez vite avec une barre de chocolat ou de la confiture et bon Dieu, c’était délicieux. Ça se gâtait un peu les jours suivants. Mais même rassis, il fallait en venir à bout et ma foi, on y arrivait sans trop de peine. Bon. Que ce boulanger dont je tairai le nom, repose en paix mais c’était un sacré filou. Il vendait les yaourts à la pièce en les détachant d’un paquet de six. Et à quel prix ! Mais, c’est la loi du commerce. Les gens n’étaient pas dupes mais quand il n’y a qu’un commerçant, il n’y a pas de concurrence. Et en plus c’était un chasseur forcené. Il avait entre les deux fauteuils de son fourgon, un fusil toujours chargé. Quand il allait vers Montestremu, au grand tournant, il descendait pour aller tirer les perdrix. Quelques compagnies nichaient par là. Ça n’a pas manqué ! Un jour le fusil est tombé. Les deux coups sont partis. Heureusement vers le toit qui s’est retrouvé plein de trous. Si le coup était parti à l’horizontale, vers l’arrière du fourgon où se pressaient les femmes, c’eut été un massacre. Il n’était pas plus ému que ça le bougre et l’engueulade qui a suivi, ne l’a pas empêché de continuer.

Le second, on l’appelait « u sarrieracciu » celui de Serriera, un village situé à quelques dizaines de kilomètres en direction de Porto. Un grand camion bleu. Imaginez vous la caverne d’Ali Baba. Il vendait de tout ! Absolument de tout. Ça allait des blouses aux espadrilles (j’en usais pas mal à l’époque !) et même des outils ou du matériel de jardin.

Chez l’un comme l’autre, un truc me faisait luire les yeux. Les cornets. Un papier en forme de cône, bleu ou rose, plus ou moins grand et bien au fond caché dans le papier, un cadeau plus ou moins intéressant. Ça dépendait du prix. Souvent la déception et parfois, quelle chance, un pistolet à eau ou une petite voiture.

Depuis, il y a la route. Et un supermarché à Calvi. Le pain est frais. Et c’est très bien comme ça. Mais ces camions tout de même !

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La soupe..a suppa..

Quand j’étais gamin, ma mère pour me punir lorsque j’avais quelque bêtise, et ça arrivait souvent, avait une technique originale. Pas de café au lait mais un bol de soupe. Un jour ou plusieurs en fonction de l’importance de l’ânerie. J’avais une sainte horreur de ça.

Et puis..plus tard..je me suis mis à aimer la soupe et en Corse, on ne plaisante pas avec la soupe !

C’était le plat traditionnel du repas du soir. La recette changeait en fonction des saisons et du tour de main de la cuisinière. Pommes de terre, haricots verts ou secs, carottes, oignons et ail. Le tout pouvant être parfumé avec du thym, du romarin du laurier et autres plantes aromatiques. Elle devenait gourmande si la maîtresse de maison y rajoutait du saindoux, du lard ou même de la viande de cochon. Le secret…une cuisson longue..à petit feu.

Les pâtes en fin de cuisson, c’était la cerise sur le gateau et là, nous avions la louche qui tenait debout dans la soupière..suppa a cuchjara ritta..la soupe qui tenait la cuillère droite.

Quelques recherches et j’ai découvert, je n’en ai jamais goûté une, qu’il existait des soupes moins répandues qui se distinguaient par l’utilisation d’ingrédients particuliers. « A migisca » faite avec du filet de chèvre boucané, la soupe de châtaigne en Castagniccia comme de bien entendu cuite avec du fenouil sauvage et une couenne de porc ou encore la soupe de haricots rouges..suppa di fasgioli rossi ou celle aux oignons et au brocciu..

Et puis la soupe d’herbes. Légumes bien sûr auxquels on rajoute le produit de la cueillette, fenouil, laiteron, terre crépie (dont j’ignorais l’existence et même le nom !), bourrache oseille et bien d’autres encore. Comme dans ma famille et peut être ailleurs, on envoyait promener un importun en lui conseillant d’aller se faire cuire « une soupe d’herbes », j’ai comme une réserve sur cette spécialité et peut être ai-je tort..

Nous ne parlerons pas ici de la soupe à la poutine faite avec des alevins ou de la plus connue soupe de poissons. J’apprécie et même beaucoup, mais quand j’étais gosse, loin du littoral, le poisson de mer relevait du concept.

Autre question..a minestra..sur le livre de recettes que je parcours à l’instant, il est dit que c’est une soupe d’hiver avec des pommes de terre, du chou, de l’oignon avec de l’ail et de la nepeta. En fin de cuisson, un morceau de lard gras et du basilic pilé au mortier. Servie sur une tranche de pain !

Je suis sceptique parce que le basilic en hiver je n’y crois pas du tout. Je vais rester sur mon idée première. Suppa ou minestra  sont deux soupes paysannes, avec quelques variantes et qui ont en commun d’être faites avec les légumes du moment.

Et en commun aussi d’être roboratives ! Ce qui m’a toujours laissé pantois quand dans certains restaurants, le menu traditionnel du soir était proposé avec une soupe, un ragoût de veau avec ses pâtes, fromage et fruits…Nos vieux auraient bien été étonnés devant un tel menu et ils auraient été encore plus étonnés en voyant ce que j’ai payé dans un restaurant corse de Paris pour « l’assiette du berger »

Je connais quelques bergers qui avec cet argent auraient eu à manger pour deux ou trois jours et peut être même davantage !

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Le jardin potager..l’ortu..

J’éprouve une vraie nostalgie en pensant aux jardins. Pas aux jardins d’agrément, i giardini, mais aux potagers, l’orti. Il doit y en avoir encore dans les villages mais par chez moi, je n’en vois plus.

Une pensée amère pour celui qui a détruit le chemin bordé de murs en pierre qui descendait à la rivière. Il fallait que les engins arrivent à la station d’épuration mais il n’était pas nécessaire de tout casser jusqu’à la passerelle ! Ah bien sûr. Maintenant les voitures peuvent descendre jusqu’au fleuve. C’est si confortable et trois ou quatre cents mètres à pied, c’était trop demander.

Bon, le long de ce fameux chemin, outre les ronces chargées de mûres, il y avait de part et d’autre, des jardins. Mais il y en avait aussi en bas de chaque maison. Tôt le matin ou en fin de journée, c’était arrosage. A l’époque, le ruisseau de Bardiana courait encore et le captage, un gros tuyau noir, apportait l’eau nécessaire. Un coup de pioche. Une rigole après l’autre et on arrosait ainsi tout le potager.

Il y avait les haricots qui dominaient tout ce petit monde végétal bien accrochés à leur tuteur en bois. Courgettes à profusion, aubergines, salades et concombres. Des tomates comme je n‘en plus jamais vues. D’une taille énorme, que de la chair et d’un goût. La « rouge de Corse » variété très ancienne originaire qui était connue jadis sous le nom de “Pumata Nustrale”, la tomate de chez nous. Vous pouvez vérifier sur internet. On parle de fruits de cinq cents grammes mais je peux vous garantir que j’en ai mangé qui pesaient davantage. De l’oseille, que je n’aimais guère et des melons que j’appréciais bien plus

Et puis des fruits. Poirier, prunier et même un cognassier à qui je donnais rendez-vous aux vacances de la Toussaint. Un cerisier aussi dont nous ne profitions guère. Les oiseaux mais aussi quelques chapardeurs à deux pattes pour qui le respect de la propriété d’autrui pesait peu quand il s’agissait de cerises juteuses. Et puis, les tous premiers jours des vacances d’été, ça se jouait à pas grand-chose, il restait quelques framboises. Petit trésor.

Ca, c’était dans le Filosorma..Au Niolu, où je passais quelques jours, le soir je partais avec mon oncle pour arroser au Canale ou à Siborchja. Canale, c’était en haut du village. Il y avait des noisetiers et des fraises des bois que je n’ai jamais pu goûter. Les jeunes du village avaient repéré le gisement et le pillaient avec une efficacité redoutable. Siborghja était trop loin pour le pillage. Il fallait prendre la piste qui montait vers l’Ercu, puis la laisser et descendre sur la droite. Passer deux ou trois murets et c’était le potager. Un pommier avec des fruits verts et acides, des pommes de terre que mon oncle avait renoncé à me faire ramasser. A chaque coup de bêche, j’en coupais une en deux. Et surtout, un bassin dans lequel venait la menthe pouliot, la menthe des bassins. Odeur et goût dans les beignets. Je ne vous dis que ça.

Et puis nous rentrions avec le panier plein quand le soleil tombait. Et la fraîcheur car le soir, même en été, il faisait froid à l’Acquale.

Un steak, les pommes de terre à peine sorties de terre avec les tomates fraiches en sauce après un passage à la poêle.

Oui, j’ai la nostalgie des jardins. Et puis aussi et peut être surtout de ces jours paisibles.  

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Napoléon

Un matin de Noël, au pied de l’arbre, il y avait un livre illustré. Napoléon raconté à tous les enfants. L’enfance ajaccienne, Napoléon commandant une bataille de boules de neige à Brienne, Arcole, le sacre, Waterloo et Sainte Hélène. Bon. Le but de l’ouvrage n’était pas à l’évidence, de présenter un bilan critique de l’Empereur.

Il faut dire qu’à l’époque, il n’y avait pas de soirée corse sans que retentisse l’Ajaccienne..

Et puis, il y a quelques mois, j’ai pu voir le Napoléon de Ridley Scott.  Mon Dieu !  L’Empereur est présenté comme un empoté, peureux et pleurnichard, une brute avec les hommes et soumis à son épouse. Bien entendu, son œuvre politique, culturelle et civile de la période est totalement absente. On conclut par le nombre de morts dont il est responsable sans rappeler une seule seconde, le contexte politique de ce qu’était l’Europe en ce temps-là.

Je ne vais pas me lancer dans une analyse de ce que fut Napoléon. Je n’ai ni les connaissances, ni le talent nécessaire.

Ce que je sais, c’est qu’héritier ou pas, ça se discute, de la Révolution, il est arrivé au pouvoir dans un contexte où tous les pays voisins nourrissaient une haine tenace vis-à-vis d’un peuple régicide. Un despote sans nul doute. « Cet homme, dont j’admire le génie et dont j’abhorre le despotisme », a résumé Chateaubriand. Mais, y-avait-il des démocrates éclairés à l’époque ?

Tout au long de mes études puis de ma vie professionnelle, j’ai découvert un Napoléon mettant en place un état moderne. Code Civil, plan cadastral unique et centralisé. Et j’ai aussi appris qu’il y avait une face sombre. Le rétablissement de l’esclavage, le passage de la guerre défensive jusqu’à la bascule en 1808 où à cause de son ambition, Espagne, Russie surtout, la guerre est faite avant tout par amour de la gloire.  

Puisque nous parlons ici de la Corse, il faut bien reconnaître que Napoléon a surtout laissé dans l’histoire de l’île, le souvenir de sa naissance. Quelques textes, un engagement plutôt dicté par son propre agenda politique, une divergence avec Paoli pour aboutir in fine, à une rupture avec le pays de ses origines. (à lire Bonaparte, la Corse et les Corses de Barbara KRAJEWSKA ).

En définitive, ce qui je retiens du dossier Napoléon, c’est l’incapacité dans laquelle nous nous trouvons, sur ce sujet comme bien d’autres, à juger avec calme et nuance. C’est pour le dire très franchement, une réelle souffrance de voir en Corse comme ailleurs, des discours manichéens, où des personnes qui n’ont pas toutes les connaissances utiles, s’opposent sans chercher l’équilibre nécessaire.

Oui. Ambitieux sans nul doute, impulsif, aimant la guerre. De cela on ne peut douter. Mais pourquoi ne serait-il pas possible d’admettre que Napoléon n’était ni noir ni blanc. Il a dirigé la France de manière très autoritaire en étant plus attaché à l’égalité qu’à la liberté. Mais, on ne peut ignorer que son gouvernement a eu de très bons aspects, notamment sur le plan de l’administration. Aigle, ogre, stratège, mysogine, esclavagiste…

Il était tout simplement un homme, avec ses qualités et ses défauts.

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